12 septembre 2007
« Cachez ce sein... »
Mes mots indécents... cachés...
Mes mots impudents... cachés...
Mes mots tout simplement... cachés...
Monsieur Tartuffe, vous singez à merveille la personne blessée par l'attentat de mon indécence. Convenance et bienséance... deux mots trop délicats dans votre bouche qui ne sait pas saluer.
Monsieur Tartuffe, vous voulez me faire
la peau... Une armée de fourmis tueuses pour lutter contre une
« amante meurtrière », j'ai ri, je
crois, vous croyant tombé malade, mais hélas, vous
n'êtes imaginaire.
Vous me faites porter le chapeau. Je
l'accepte et je le porte même sans protester. Je l'exhibe attisant ainsi votre désir de vengeance et celui de me faire
taire. Pourtant, me réduire au silence ne ferait que vous
déplaire. Que faire?
Je vous salue bien bas Monsieur Tartuffe et prends congé. Je n'ai que faire de vos états d'âme, je le confesse. Je ne vous laisse que ce sein qui cache un coeur que vous n'avez su voir.
Adieu Monsieur Tartuffe... sur votre conseil, je pars ailleurs, essaimer mes mots sur d'autres rivages... avec ceux que j'aime.
09 septembre 2007
Que votre rage éclate, Madame...
Vous libère... et
que la mienne engloutisse la nôtre.
Votre visage Madame, je
ne le connais pas, pas plus que la couleur de vos lignes, ni l'ovale
de vos blessures. Je vous imagine, les traits crispés, tapant
de rage sur les touches de ce clavier. Je ne sais rien des douleurs
qui vous font froncer les sourcils aujourd'hui, ni de celles qui
pincent votre ventre. Je n'entends pas même la profondeur des
plaintes qui sortent de votre bouche...
Je n'entends que la
rumeur... ce bourdonnement que je déteste. Ces sons
déformés... qui font sensation... désagréable
sensation.
Les sons qui se propagent
Madame, sont infidèles... ils encensent méprise et
malentendus.
La souffrance vous égare,
Madame.
J'ai prêté
l'oreille à la rumeur colportée, n'en croyant pas mes
yeux. On croirait une farce, un Vaudeville façon Molière,
avec un dernier larron jetant l'huile sur nos flammes.
Je ne me sens pas
rivale, seulement blessée.
Vous lisez mes mots pour y chercher la vérité et le mensonge. Je ne me cache pas. Oui, j'aime, évidemment. Oui, j'aime, avidement. Mes lignes ne cherchent pas à vous tromper et démentir ne ferait qu'empirer les choses. J'aimais une sensibilité dans l'écriture, une intelligence aux formes bigarrées, bien plus, bien plus... j'aime toujours mais je suis aujourd'hui captive d'un regard profond, d'une main qui me fait renaître. Nos rencontres de la nuit me sont aujourd'hui vitales et je ne saurais m'en passer. Mais c'est une vérité que vous connaissez déjà
Je vous vois, Madame,
sans lumière et je sens le reproche expiré de votre
bouche alors que votre corps aspire à vivre. Je vois la lueur
qui vous anime, flamme tragique. Je vois ce moment originel que vous
ajoutez aux fatalités de votre vie.
J'aimerais vous parler, mais ma voix est déroutée. Il est là. Ils sont là, oserais-je dire. La haine s'enchante à polir la misère. Vous servez la colère, Madame. Asservissez-là, je vous en prie et donnez naissance à l'espérance.
Je vous en prie, Madame, n'écrivez pas votre tragédie.
06 septembre 2007
Einstein – Podolski – Rosen
Réalité
quantique des coeurs rencontrés et non-séparabilité.
Lorsque
deux systèmes ont interagi; seul le système global
constitué des deux systèmes en mouvement est dans un
état défini et permet l'appréhension de chacun
des sous-systèmes sans pour autant offrir un état à
ceux-ci.
La vérité du coeur reste insaisissable. Elle n'est que mouvements, chutes, collisions, entre-chocs, fêlures, éclats... Les coeurs se croisent et interfèrent dans la trajectoire de leurs sentiments communs. A jamais, ils resteront unis, même éloignés, même séparés... même abattus...
La vérité du coeur est insaisissable - je me répète... je sais... - car il ne fonctionne pas dans un système isolé. Qui plus est, il est en mouvement perpétuel. Il est donc impossible d'en comprendre les palpitations sans appréhender l'ensemble des impacts composant le système global, lui même constitué d'une infinité de sous-systèmes interagissant entre eux...
Je savais que la science me servirait un jour à la compréhension de son contraire.
04 septembre 2007
Umbra dolorosa...
ora pro nobis
Poulenc
Requiem pour quelques mots écrits à fleur de peau, tus au coeur des maux.
Tant de mots qui sont restés sans vie dans le parapet, et qui ne se sont pas relevés, d'autres écorchés vifs, dégoulinants de sang et de colère étouffée...tant de mots fleurissent les tombes de mes échecs inavoués.
Ce sont eux que je cherche aujourd'hui, mes mots invalides, handicapés, ceux que je ne sais écrire sans les défigurer, ceux que je n'ose regarder en face sans me sentir mal à l'aise.. mes mots estropiés, scarifiés, mutilés par mes silences... ceux que je dévisage en baissant les yeux de peur qu'ils ne pénètrent mon regard. Ils sont nombreux encore dans mes mains, tous ces mots mourants ne cessant de vivre, que je traîne comme autant de reliques au fond du coeur, trop sacrées pour être touchées, mais trop pourries pour être soulevées.
Les mots écrits ici donneront toujours l'impression du dérisoire...
Il n'y aura jamais de
ligne fulgurante pour exprimer ce que les mots ont tu. C'est un
combat entre les mots et leurs silences.
Le silence des mots...
pour exprimer le vide, le mort, l'amour, le puissant, le pénétrant.
Nos mots ne savent écrire que ce qui nous aveugle à force d'être énorme. Ils s'arrêtent
sur l'aiguille sans remarquer le foin qui me brûle, ils
débordent sans distinguer la goutte qui contient le vase.
Ils écrivent ce
qui nous crève les yeux, incapable de faire sortir ce qui nous
crève le coeur.
Souffrance
Ce mot si simple à
écrire... si dur à exprimer
Combien faudra-t-il de
lettres, combien faudra-t-il de lignes pour extirper le mal qui
baigne au coeur de mes mots? Les mots, seules armes pour ce combat,
seules défenses aussi... un combat de titan mené avec
une armée de fourmis.
Des mots qui n'avancent à
rien... ou si peu... chaque millimètre contre une souffrance
gagné à l'arrachée.
Mes mots... éblouissants,
sensuels, mystérieux, attirants... ces mots tournés
vers la lumière ne cachent que l'ombre qu'ils renferment. Mes mots... des leurres... trompes-l'oeil...
Les mots... les mots si
puissants qu'ils nous laissent sans voix devant l'indicible, l'oubli
caché (le caché oublié?), les oubliettes de nos
maux disparus, enfouis de n'avoir pu se les révéler.
L'unité de mon
être... comme le plus beau mensonge jamais révélé...
je ne serai jamais que moi cherchant à m'extraire de moi...
que moi cherchant successivement à faire vivre la petite fille
qui vit encore en moi pour mieux la sacrifier ensuite... que moi
cherchant à me prouver que j'ai tort... que moi dissimulant
tour à tour le meilleur et le pire dans un délicat
subterfuge de mots trompeurs... que moi m'aveuglant de moi... que moi
qui ne supporte plus mon nombril... que moi jouant de mes lumières
pour camoufler mes ténèbres... que moi, angéliquement
démoniaque, divinement humaine... que moi, bouffée par
mes contradictions et paradoxes... que moi, entière et
brisée... que moi et mes morceaux que je ne veux recoller.
Combien de mois d'introspection macabre seront nécessaires à la naissance d'un moi nouveau qui ne soit pas le résidu de tous ces mois?
03 septembre 2007
Anna Dyomene 2 – Saison 3
Sans doute la dernière saison...
Anna replonge dans la bulle de son bain
mais l'obscurité qui l'environne paraît moins
mystérieuse.
Elle replonge dans cette eau qui frémit
encore au contact de son passé. Bouillonnante, l'eau du bain
voit ses fantômes l'évaporer. A la surface, de nouveaux
écueils flottent autour de son présent et sous la
mousse... sous la mousse?
Qui sait ce que la mousse offre en
réserve...
Des effluves... caresses de vapeur qui
dansent...
caresses de vapeurs si denses.
29 août 2007
C'était hier, il y a bien plus que ça
L'action se passe à l'imparfait dans un flash back sombre. Long travelling sur le quai, les silhouettes découpées se perdent le long des voies. En premier plan, cette scène irréelle de promesse de demain devant les portes du wagon. Autour, la foule qui grouille, impassible. Le film muet se tourne au ralenti des émotions qui ne jouent à l'envers et ne savent se partager. Fondu sur les lèvres d'une héroïne imaginaire, perdue dans l'obscurité des sentiments qui l'environnent dans un scénario qui ne l'accroche pas.
Un adieu qu'elle ne prononce pas.
C'était son dernier
court-métrage, elle ne jouera plus sur les quais de gare.
Trop
de courants d'air.
26 août 2007
Métempsycose
J'ai touché un
rêve qui prenait vie en moi et qui a soudain pris corps. Je me
suis efforcée de maîtriser le tremblement de ses mains
tentant de pénétrer en lui pour l'apaiser, oubliant mon
propre trouble. Je me suis nourrie de toute son émotion...
intense, elle a insufflé dans mes veines la force de ses
fragilités, la force de briser les miennes... pour lui.
Vertige... Il est en moi
24 août 2007
Souviens toi du vase.
Quand
tu l'as fendu, et qu'en mon ventre s'est répandu le liquide
sombre et amer du calice de douleur. Sur
mon sein, froid comme ta vengeance à peine digérée,
le souvenir de notre défaillance. Je le garde là, ce
morceau de faïence, cet éclat du vase que nous n'avons
pas recollé.
Et
oui, je me souviens du vase... et de mon coeur que tu as cassé
quand cette goutte t'a fait déborder.
18 août 2007
Passe muraille
Obstination machinale à défoncer
les portes ouvertes pour mieux me cogner contre les murs invisibles
élevés par la raison... Devant la palissade de ma
conscience, je percute l'opacité de la résignation et
me blesse sur mes cloisons.
Assise sur le sol, le dos au mur, je
franchis le seuil du café du Rêve... un pas vers la
lucidité... N'y a-t 'il que nos mots qui puissent
se rencontrer?
17 août 2007
Qui dort?
Dean... ou la Fureur de vivre dans l'ordalie de l'eau et du vent qui cinglera l'existence de ceux qui croiseront ton regard... Dean... L'oreille se tend mais le silence est lourd. Les oiseaux se sont tus... dans le ciel, disparus... Dean... la chaleur tue les corps et étouffe l'espoir... Dean... le vent et les vagues aspirés par ton oeil ... Dean... Les rafales et la houle maintenant... Dean ... les arbres arrachés, les yoles éventrées, les tôles envolées, les cases brisées...
Dean... que fais-tu?



















