10 juin 2009
Loup ?
Loup blanc aime les parfums
Du ciel de mai au miel de juin

Loup blanc, loup noir, loup vert, loup gris...
Pour trois loups sauvés...
Qui es-tu?
Tu mets tes chaussures.
Tu viens ici sans t'annoncer;
Que fais-tu?
Tu promènes tes pantalons au bord de mon ruisseau
contemples mes salades et arraches mes herbes folles.
Qu'attends-tu?
Tu t'installes sur ma terrasse,
les yeux perdus dans le vague de ma réalité
et laisses la trace de ton passage.
Que veux-tu?
Tu cherches à me surprendre
mais tu disparais
Loup?
J'arrive
Pour trois loups sauvés...
Un de pris...
17 mai 2009
Mutisme
Les mots se bloquent, le coeur lourd, le ventre vide.
Un frisson parcourt l'échine. J'ai froid
Tu pars
Histoires de fesses
Dans la chambre en désordre, la droite prodigieusement assoupie, évidente et réjouissante :
Elle gauche : Le sommeil me fuit. Pourquoi m’obstiner à le chercher.
Elle droite : Crois-tu qu’il soit ailleurs, que tu veuilles partir ainsi ?
Elle gauche : Je m’épuise dans cette quête, mais je dois le capturer. Je veux dormir, comme toi, profondément, du sommeil du juste, à poings fermés, profondément sur mes deux oreilles
Elle droite : Crois-tu que le sommeil me fasse justice,
que mes poings ne se ferment que lorsqu’ils dorment, et que jamais mes oreilles
ne sifflent quand je m’endors ? J’ai mes cauchemars, tu sais, mais ils s'écartent quand je sens ta présence.
Elle gauche : L’insomnie me guette, et me frappe dès que je ferme un œil. Elle se venge des jours amers, jetant mes âcres pensées pêle-mêle sur les draps froissés.
Elle droite : Et l’attente du sommeil se mue en torture.
Tu n’es plus que marionnette ; l’insomnie tire les ficelles et te plonge
dans un abîme de détresse.
Et pourtant je suis là, à tes côtés. Sens ma chaleur. Elle est tienne. C’est
toi qui me la donnes, chaque fois que tu te sers contre moi. Viens près de moi,
blottis toi, j’aimerais te sentir abandonné à mes côtés…
Mais ? tu dors ?
. . .
17 avril 2009
Le coeur saigne
Son cœur saigne, alors il blesse. Il inflige ses
souffrances ; les sacrifices imposés par son amour sont trop durs à
supporter. Il s’est arraché aux bras d’une femme qu’il aime, mange avec une
autre ce soir, déjeunera avec cet être qui lui est si cher demain, sans même
parler de celle qui a su si bien mélanger les saveurs ce midi… et il ne pourra
s’envoler sans embrasser sa crevette…
Et je suis seule ici, si loin, si maigre pour faire
contrepoids dans la balance de sa vie.
Je sais ce qu’il quitte et pourquoi. Alors il frappe.
Mon cœur saigne, ce
soir
16 avril 2009
Liberate me ex inferis
Chère Vengeance,
Tu veux ma peau… tu ne l’as plus.
Les épines sont dans toute vérité qui démange et dans la brume des remords, de rage, tes sanglots te dévorent. L’ombre diluvienne qui t’inondait s’est faite lumière et tu as ouvert ta porte à la misère. Tu n’es plus que poussières dans les débris de ta vie. Tu voles au vent, Vengeance, et ta justice te supplicie sans merci sous la lame de ta propre haine.
Terreur, tourments, morsures et piquants, écorchures et chardons ardents, tu ruses et tu mens dans les flammes qui te briment. Ta langue est perfide, et bien pendue… mais à la corde, Vengeance, tu te condamnes bientôt.
Adieu Vengeance...
Je t'abandonne ici sans regret.
14 avril 2009
Une Saison en enfer

Je n'y suis déjà plus...
J'en suis sortie... indemne
12 avril 2009
Les amants de 7 ans
Et
le Mari, fermant le livre du devoir, s’en allait satisfait et fier, sans voir,
dans les yeux bleus et sous le front plein d’éminences, l’âme de sa femme en
enfer, livrée aux répugnances... Tout le jour, il transpirait sous les
principes de l’ascendance mais sous ses tics noirs, ses traits prouvaient en
lui d’âpres hypocrisies. Dans l’ombre des couloirs, il flairait l’ennemi et
dans le noir, tuait l’espoir dans les grincements du lit.
Ailleurs,
une porte s’ouvrait sur le soir, à la lampe on les voyait, là haut, qui
râlaient sur la rampe, les amants de cet an sous les tentures de l’alcôve s’illunaient
à l’aventure en s’aimant.
Ses
enfants seuls lui étaient familiers. Il leur faisait porter ses propres
humiliations et les maniait avec la bonté sournoise de l’idiot. Il avait le
regard qui ment et feignait la douceur de l’agneau.
Pour
son Mari, elle s’était surprise en pitiés immondes et pour ses enfants, s’effrayait
sans cesse en tendresses profondes
L’amant
emportait dans la chambre les saveurs de sa peau. Dans la maison, nue, aux
persiennes closes, à terre les oripeaux, il était sous elle et lui mordait les
fesses en riant. Les amants s’étendent,
se tendent, se fendent, se séparent et s’attirent six ans.
Vaincu,
stupide, le mari entêté s’enferme dans la fraicheur des latrines. Il pense
là, spécule, médite son roman et nourrit sa haine dans l’odeur putride qu’il
offre à ses narines.
Il
ne reste que froids dédains, l’aliment du mariage, le cœur du divorce aujourd’hui.
Il transforme son infamie en gloire, crie à la paix, et poignarde par derrière
Les
amants de 7 ans préparent les bougies, soufflent et attisent la passion. Ils rêvent
de prairie amoureuse, de houles lumineuses, brises parfumées, pubescences d’or,
font leur remuement calme et prennent leur essor.
Les
enfants sourient et tendent les fleurs aux amants. Dans des braises de satin
blanc, ils soulèvent le voile pour les amants de 7 ans.
31 mars 2009
Bas les pattes
Un
pas de loup, griffes de chat, la panthère aux abois, un chien qui
miaule. Pattes de velours mais oeil de lynx. Comme chien et chat
s'aiment et s'effacent. Feulent et ricanent tigre et hyène.
Le
chat retombe, un coup de patte et croc de fer, grimace en l'air,
griffes égratignent, empreinte féline hérisse le poil. tourne les
talons, elle part d'un bond, revient, regard de lion. Dans la cage, il
tourne, se fait mouton.
Il
a cinq pattes, ça ne tient pas debout. L'agneau se rebiffe, le loup
hurle à la nuit disparue, bête comme ses pieds. La part du lion, il n'a
pas faim mais pourtant. Il se bat comme il est. Chat il est né, chien
ne pourra plus.
Bas les pattes!
18 février 2009
La nuit des morts vivants 5
D'outre tombe, de glace, si bleus ses yeux.
Son corps décharné, ses dents abandonnées, ses yeux si vifs
Sa mort, si lente, sa vie si longue, si morte, ses yeux si ravagés
Sa tombe si clinique, son espoir en terre, son amour enterré, ses souvenirs si présents, ses yeux si ouverts.
Sa croix si lourde, sa souffrance si palpable, sa guerre si dévorante, ses morts si vivants, ses yeux si bruts
Ses yeux se ferment, la nuit se fait, la vie commence, sans lui.
19 octobre 2008
Le cheveux sur la soupe
La jeunesse s’est perdue dans
la voie sans issue d’un lotissement sans âme alors que le cri d’une insouciance
perçait le silence dans la chambre d’un hôtel inconnu à deux pas de la gare de
Lyon. Les réflexions s’entrecroisent et
s’enroulent autour des jambes qui se dénouent et courent vers le bonheur. Les détails
reviennent nets et précis paraissant plus vivants qu’à l’heure où je les ai
surpris sans les contempler.
Comment ai-je fait pour ne pas
voir les touffes de poils qui nageaient dans mon potage. Les paupières se
baissent comme pour ne pas voir ce qui ne m’aveugle plus. Fermer les yeux et
faire taire les images qui remontent à la surface. Les rouvrir.. vides..
vite surtout. Je grimace. C’est impossible ; la lumière sur ce passé si
proche traverse encore les parois de l’oubli.
Les yeux clos ne font que voir.
Ironie du sort.. je suis
condamnée à regarder mon passé, les yeux ouverts ou non. Alors je le regarde
avec son croc incisif en moins ; la dent qu’il avait contre moi est tombée
dans l’assiette. A ce rythme, il prendra bientôt perpétuité dans la purée. Je n’en
ferai pas un fromage, même si je ne peux m’empêcher de sourire.
Je ne veux plus me baigner
dans sa mauvaise soupe.
08 août 2008
Hors heur
Je ne m’attendais pas à ses
yeux de mort, au seuil d’un acte irréparable. Il était devenu de bois semant
ses échardes dans ma chair.
Les instants se sont
enchainés, rongés par la haine que nous partagions, des rouages d’une mécanique
bien huilée ; les émotions quand elles sont destruction.
Il y avait du sang, des cris
et des larmes dans nos gestes, des silences assassins et des mots plus tueurs
que les silences.
Ce que j’ai souhaité ;
qui peut vraiment le savoir, si ce n’est moi et je ne suis pas même sûre de l’avoir
voulu mais j’aurais aimé le voir disparaitre pour ne plus me sentir souillée par sa
haine.
Le reflet de l’être que j’avais
aimé avait totalement disparu dans l’ombre du mépris qu’il éveillait en moi. Deux
larves impudentes baignant dans leur médiocrité, hors nature, contre nature,
sans excuse.
Nous nous faisions horreur.
Nous l’étions devenus…
Horreurs
29 juin 2008
Pour quelle raison étrange...
- Etranger, je ne vous connais pas et pourtant je crois vous connaître depuis toujours.
- Vous portez en vous ce qui git en moi.
- Vous parlez ou c’est moi ? Les mots de votre bouche embrassent la mienne.
- Nous sommes si loin et pourtant si proches. Ma main demande la vôtre.
- J’aimerais la couper pour vousl’offrir.
- Que serait votre main sans vos yeux. Je veux me baigner dans le miroir de votre âme.
- Donnons nous la main, au moins une fois. Je veux m’enivrer de cette caresse. Je veux que cette sensation survive au fond de moi et vive dans mes yeux.
- Le soleil dans vos yeux m’aveugle. Vous souriez, comme c’est étrange.
- Je ne suis être ange. Je suis ce que vous êtes. Ce qui gisait au fond de vous s’élève dans mon ciel. C’est vous qui me faites briller.
- J’ai toujours fui ce que je suis et pourtant je suis ce que vous êtes.
- Suivez moi alors.
- Je vous suis mais qui êtes-vous ?
- Amour ?
27 juin 2008
rien de raisonnable en somme
Le crime et le péché… la
trahison, la faute et la fuite… l’adultère, le viol et le coup de poing… le
pourquoi et les raisons… les raisons et les conséquences… les conséquences et
leur déraison...
Nous avons couru à notre
perte sans raison apparente. Chacun de nous avait ses raisons bien dissimulées
au cœur de son être, dans ces abîmes torturées de la conscience et nous avions
tous deux raison dans notre délire. Aucun acte ne peut avoir d’explication complètement
raisonnable. Ce qui me dépasse encore ne peut être englobé dans la simple
compréhension des raisons… déraisons de l’un ou de l’autre.
J’avais raison et pourtant
j’avais tant de torts.
Comprendre ?
Comprendre l’essence du mal
qui nous rongeait ? A quoi bon ? Deux boites craniennes rongées jusqu’à
l’os par les incohérences de l’autre, s’affrontant sans pouvoir entendre la
moindre raison de l’autre, jusqu’à se détruire… irrémédiablement.
Les yeux embués de larmes,
j’ai le souvenir d’avoir eu mal, terriblement mal, j’ai le souvenir des ses
yeux qui avaient perdu toute trace de raison… la démence de son regard, j’ai le
souvenir de ses pleurs aussi et de tant d’incompréhensions.
L’acte, le geste, le fait,
le factuel ou je ne sais quoi, n’ont plus de sens ou de raison si même ils en
ont eu un ou une à l’époque…
Ma réalité se concentre
autour de cri en plein ventre, devant la faillite de l’expression raisonnée et rationnelle
qui était la nôtre.
J’appréhende encore ouvrir
mon ventre et laisser jaillir ce que j’ai enfoui pendant cette période sombre…
ce magma épais d’amour, de haine, de rage, de colère et de médiocrités toutes
confondues. Tant d’émotions comprimées dans un ventre qui se sentait se vider
dans cette relation… pour nourrir la folie…
Pour nourrir ses raisons…
26 juin 2008
Premier silence
Le
passé se mêle au présent et la symbolique et la
chimère se figent dans la réalité. Tout n'est
que déraison dans les abîmes de la conscience et les
incohérences voguent toujours dans la tourmente.
Je
ne sais plus écrire...
J'ai
écrit pourtant...
Il
y a longtemps...
C'était
avant.
Je me
lève et je regarde. Je me tais et j'observe. Je ne dis rien
mais je fixe les mots qui se sont tus.
Je ne
les écrirai ni à toi, pas à toi, pas à pas, un peu à toi. Mon silence déborde et fait tâche.
Les mots éteints s'enchevêtrent douloureusement dans le
fibre profonde de l'être et ne s'extirpent qu'à force de
cris. Mon coeur ne pourra m'absoudre des mots que ma bouche n'a pas
entrepris de prononcer.
Je vis
dans les vestiges de mon monde qui s'est disloqué à la
veille de ma renaissance. Des ruines et des douleurs. Je souris
devant l'expression de désarroi qui envahit encore mon visage
alors que déjà mon regard s'illumine des premiers
rayons, à l'aurore de ma propre naissance...
Je
dévisse le bouchon du stylo...
Le
mot envahit ma ligne de vision...
Une
ombre derrière lui...
Un
mot résonne et fait écho...
La
plume s'envole...
C'est
parti...
...
30 novembre 2007
Conte pour enfants battus
24 nov 2007
Par les chemins de Parsimone, un homme
allait, vêtu de guenilles, une carapace de poussière et de crasse agglomérées
cachait son visage; je m’approchai d’un pas, puis de deux, m’arrêtai, son
visage se déformait à mon approche. Deux formes confuses ballotaient,
accrochées à ses bras, humaines je crois. Il les serra contre lui.
« Homme où te rends-tu ainsi, que fais-tu sur ce
chemin qui ne mène nulle part ?
(Je le sais, j’en reviens.)
- Etranger, laisse-moi, ta
présence me gêne, tes mots me ralentissent, va-t-en !
- Que tiens-tu ainsi ? n’as-tu
point passé l’âge de jouer à la poupée ? Pourquoi cette urgence, pourquoi ce
silence ?
- Etranger, je te le répète,
va-t-en, avant que je ne tempête, avant que de mes poupées je ne te batte. Mon
silence n’est pas puisque je te parle, n’entends-tu pas ? Oui, je suis pressé,
ma quête n’attendra pas, et les obstacles de ton espèce ne m’arrêteront pas.
Ote-toi de mon chemin ou il t’en cuira !
Je ne pus m’empêcher de sourire, cet
être ridiculement faible et fluet me menaçait ! Je ne bougeai pas.
- Bien, montre-moi ta
détermination, bats-moi de tes poupées ou de ce que tu voudras, je ne te
laisserai pas.
Il devint aussitôt comme hystérique,
trépigna, hurla, battit les fougères de ses bras, lança vers moi ses poupées,
qu’il déchiqueta.
Amusé, je le regardais, me demandant
dans quel monde il était qui lui permettait de se croire si puissant. Ses
coups me frôlaient comme le vent à la fenêtre d’une nuit d’été tiède en faisait
frémir les voiles.
- Homme, que crois-tu faire ?
tu ne m’atteins même pas !
Son visage se détendit soudain, un éclair narquois,
parti de ses yeux semblait l’illuminer :
- Ce n’est pas toi que je bats,
ce sont mes poupées.
Quelque chose dans son attitude m’interpella… quelque
chose dans la posture des chiffons au bout de ses mains me fit sursauter : ce
n’en était pas.
- Homme indigne, je ne
comprends pas, c’est moi l’objet de ta haine du moment, que fais-tu à… ces
enfants-là !?
- Cela ne te regarde pas, ce
sont les miens, me rétorqua-t-il, et ce que j’en fais ne te concerne pas.
- Alors, laisse les, viens te
mesurer à moi.
- Etranger, cette fois encore
tu ne comprends pas, si je les bats, c’est toi que je vaincs, car tu souffres
de ce que je leur inflige, par ma foi.
Interloqué, je le fixai d’un air
contrit : oui, il avait raison, il me battait plus fort que de ses poings. Plus
sûrement que n’importe quel coup qu’il aurait pu m’asséner.
- Mais eux ? pourquoi ? de quel
droit ?
- Eux ? un nouveau sourire
s’élargit sous ses petits yeux froids. J’ai les droits que me confère le
pouvoir des pères. Ils sont à moi, depuis leur voix jusqu’à la fin de leurs
nerfs. Va-t-en à présent. Laisse-moi passer, pour la dernière fois.
- Je ne te laisserai pas
passer, homme qui n’en a que lointaine apparence, si tu ne me dis l’objet
de cette quête qui te fait sacrifier tes enfants ainsi.
Il se mit à sangloter. Je n’en
revenais pas. Lui que la douleur de ses enfants laissait froid, il pleurait…
- Je… cherche… me dit-il entre
vertes glaires et hoquets humides, je cherche l’homme… l’homme qui a trahi son
amour...
Je le fixai sans comprendre…
Il était fou ou trop amer, il ne voyait pas?
- Ce type de traitre est bien
courant je crois, ton état me laisse à penser que tu manques de chance,
singulièrement : pour ma part, j’en vois à chaque pas.
- Pâle étranger si stupide, que
de temps je perds avec toi ! Je t’en prie, laisse moi.
Ce disant, vers ses enfants il fit un pas.
- Misérable, tu ne recommenceras
pas ! dis-moi ton secret ou je te briserai ! ou bien prends t’en à moi car j’ai
trahi l’amour, je te le dis.
Son air se fit matois, il me jaugeait, j’en
frémis.
- Si tu me brises, tu les
briseras en même temps que moi…
As-tu déjà aimé ? As-tu été trahi toi-même ?
- Oui, je crois, répondis-je
d’un souffle en croix.
- As-tu trahi l’objet de tes
pensées ? L’as-tu brisé aussi ?
- Sans le vouloir, oui, une
fois.
- Le regrettes-tu ? penses-tu à
lui le soir quand tu as froid ?
- Oui, chaque soir, et j’ai
toujours froid, même quand le soleil ne se couche pas.
- Et cet amour qui t’a trahi,
l’as-tu brisé aussi ?
- Non ! je l’aimais, pourquoi
le briser ? je ne comprends pas.
- Tu ne m’intéresses pas ! tu
n’es pas celui qui a trahi !
- Pourtant si, j’ai trahi !
Ecoute-moi !
- Celui qui a vraiment trahi
l’amour, il est comme moi, de vengeance son cœur est empli, il n’a jamais
froid. Par les chemins il divague, il me cherche, j’en suis convaincu. Des
sources taries il fait remonter la souffrance, en cherche d’autre, s’en abreuve
mais a toujours soif … du mal il se désaltère, la vengeance l’anime car il a eu
mal, si mal, à tel point que… vois-tu, –son regard se mit à luire d’un
éclat presque clair, quasi lucide- c’est l’amour qui était en lui qu’il a trahi
quand son amour l’a trahi.
Celui qui n’a jamais trahi se trahit lui-même, il a raison.
Ainsi donc, c’était cela. Cet homme voulait rendre sa
douleur, au centuple s’il le fallait.
- A-t-il encore le nom d’homme,
celui qui agit ainsi ? De quelle humanité se targue-t-il, lui qui ne vaut pas
la poussière qui le couvre, lui dont le courage se résume à tant de lâcheté ?
Ne sait-il que pleurer sur lui ? Comment supporte-t-il le mépris qu’il amasse ?
Que ton pareil existe, je ne crois pas. S’il existait, en contemplant ta face
immonde, il ne se reconnaitrait pas, il ne le pourrait pas.
Et puis, pourquoi veux-tu tant le
trouver ? repris-je, pourquoi te cherches-tu tant à travers lui ?
- Pour le tuer. »
12 septembre 2007
« Cachez ce sein... »
Mes mots indécents... cachés...
Mes mots impudents... cachés...
Mes mots tout simplement... cachés...
Monsieur Tartuffe, vous singez à merveille la personne blessée par l'attentat de mon indécence. Convenance et bienséance... deux mots trop délicats dans votre bouche qui ne sait pas saluer.
Monsieur Tartuffe, vous voulez me faire
la peau... Une armée de fourmis tueuses pour lutter contre une
« amante meurtrière », j'ai ri, je
crois, vous croyant tombé malade, mais hélas, vous
n'êtes imaginaire.
Vous me faites porter le chapeau. Je
l'accepte et je le porte même sans protester. Je l'exhibe attisant ainsi votre désir de vengeance et celui de me faire
taire. Pourtant, me réduire au silence ne ferait que vous
déplaire. Que faire?
Je vous salue bien bas Monsieur Tartuffe et prends congé. Je n'ai que faire de vos états d'âme, je le confesse. Je ne vous laisse que ce sein qui cache un coeur que vous n'avez su voir.
Adieu Monsieur Tartuffe... sur votre conseil, je pars ailleurs, essaimer mes mots sur d'autres rivages... avec ceux que j'aime.
09 septembre 2007
Que votre rage éclate, Madame...
Vous libère... et
que la mienne engloutisse la nôtre.
Votre visage Madame, je
ne le connais pas, pas plus que la couleur de vos lignes, ni l'ovale
de vos blessures. Je vous imagine, les traits crispés, tapant
de rage sur les touches de ce clavier. Je ne sais rien des douleurs
qui vous font froncer les sourcils aujourd'hui, ni de celles qui
pincent votre ventre. Je n'entends pas même la profondeur des
plaintes qui sortent de votre bouche...
Je n'entends que la
rumeur... ce bourdonnement que je déteste. Ces sons
déformés... qui font sensation... désagréable
sensation.
Les sons qui se propagent
Madame, sont infidèles... ils encensent méprise et
malentendus.
La souffrance vous égare,
Madame.
J'ai prêté
l'oreille à la rumeur colportée, n'en croyant pas mes
yeux. On croirait une farce, un Vaudeville façon Molière,
avec un dernier larron jetant l'huile sur nos flammes.
Je ne me sens pas
rivale, seulement blessée.
Vous lisez mes mots pour y chercher la vérité et le mensonge. Je ne me cache pas. Oui, j'aime, évidemment. Oui, j'aime, avidement. Mes lignes ne cherchent pas à vous tromper et démentir ne ferait qu'empirer les choses. J'aimais une sensibilité dans l'écriture, une intelligence aux formes bigarrées, bien plus, bien plus... j'aime toujours mais je suis aujourd'hui captive d'un regard profond, d'une main qui me fait renaître. Nos rencontres de la nuit me sont aujourd'hui vitales et je ne saurais m'en passer. Mais c'est une vérité que vous connaissez déjà
Je vous vois, Madame,
sans lumière et je sens le reproche expiré de votre
bouche alors que votre corps aspire à vivre. Je vois la lueur
qui vous anime, flamme tragique. Je vois ce moment originel que vous
ajoutez aux fatalités de votre vie.
J'aimerais vous parler, mais ma voix est déroutée. Il est là. Ils sont là, oserais-je dire. La haine s'enchante à polir la misère. Vous servez la colère, Madame. Asservissez-là, je vous en prie et donnez naissance à l'espérance.
Je vous en prie, Madame, n'écrivez pas votre tragédie.
06 septembre 2007
Einstein – Podolski – Rosen
Réalité
quantique des coeurs rencontrés et non-séparabilité.
Lorsque
deux systèmes ont interagi; seul le système global
constitué des deux systèmes en mouvement est dans un
état défini et permet l'appréhension de chacun
des sous-systèmes sans pour autant offrir un état à
ceux-ci.
La vérité du coeur reste insaisissable. Elle n'est que mouvements, chutes, collisions, entre-chocs, fêlures, éclats... Les coeurs se croisent et interfèrent dans la trajectoire de leurs sentiments communs. A jamais, ils resteront unis, même éloignés, même séparés... même abattus...
La vérité du coeur est insaisissable - je me répète... je sais... - car il ne fonctionne pas dans un système isolé. Qui plus est, il est en mouvement perpétuel. Il est donc impossible d'en comprendre les palpitations sans appréhender l'ensemble des impacts composant le système global, lui même constitué d'une infinité de sous-systèmes interagissant entre eux...
Je savais que la science me servirait un jour à la compréhension de son contraire.
04 septembre 2007
Umbra dolorosa...
ora pro nobis
Poulenc
Requiem pour quelques mots écrits à fleur de peau, tus au coeur des maux.
Tant de mots qui sont restés sans vie dans le parapet, et qui ne se sont pas relevés, d'autres écorchés vifs, dégoulinants de sang et de colère étouffée...tant de mots fleurissent les tombes de mes échecs inavoués.
Ce sont eux que je cherche aujourd'hui, mes mots invalides, handicapés, ceux que je ne sais écrire sans les défigurer, ceux que je n'ose regarder en face sans me sentir mal à l'aise.. mes mots estropiés, scarifiés, mutilés par mes silences... ceux que je dévisage en baissant les yeux de peur qu'ils ne pénètrent mon regard. Ils sont nombreux encore dans mes mains, tous ces mots mourants ne cessant de vivre, que je traîne comme autant de reliques au fond du coeur, trop sacrées pour être touchées, mais trop pourries pour être soulevées.
Les mots écrits ici donneront toujours l'impression du dérisoire...
Il n'y aura jamais de
ligne fulgurante pour exprimer ce que les mots ont tu. C'est un
combat entre les mots et leurs silences.
Le silence des mots...
pour exprimer le vide, le mort, l'amour, le puissant, le pénétrant.
Nos mots ne savent écrire que ce qui nous aveugle à force d'être énorme. Ils s'arrêtent
sur l'aiguille sans remarquer le foin qui me brûle, ils
débordent sans distinguer la goutte qui contient le vase.
Ils écrivent ce
qui nous crève les yeux, incapable de faire sortir ce qui nous
crève le coeur.
Souffrance
Ce mot si simple à
écrire... si dur à exprimer
Combien faudra-t-il de
lettres, combien faudra-t-il de lignes pour extirper le mal qui
baigne au coeur de mes mots? Les mots, seules armes pour ce combat,
seules défenses aussi... un combat de titan mené avec
une armée de fourmis.
Des mots qui n'avancent à
rien... ou si peu... chaque millimètre contre une souffrance
gagné à l'arrachée.
Mes mots... éblouissants,
sensuels, mystérieux, attirants... ces mots tournés
vers la lumière ne cachent que l'ombre qu'ils renferment. Mes mots... des leurres... trompes-l'oeil...
Les mots... les mots si
puissants qu'ils nous laissent sans voix devant l'indicible, l'oubli
caché (le caché oublié?), les oubliettes de nos
maux disparus, enfouis de n'avoir pu se les révéler.
L'unité de mon
être... comme le plus beau mensonge jamais révélé...
je ne serai jamais que moi cherchant à m'extraire de moi...
que moi cherchant successivement à faire vivre la petite fille
qui vit encore en moi pour mieux la sacrifier ensuite... que moi
cherchant à me prouver que j'ai tort... que moi dissimulant
tour à tour le meilleur et le pire dans un délicat
subterfuge de mots trompeurs... que moi m'aveuglant de moi... que moi
qui ne supporte plus mon nombril... que moi jouant de mes lumières
pour camoufler mes ténèbres... que moi, angéliquement
démoniaque, divinement humaine... que moi, bouffée par
mes contradictions et paradoxes... que moi, entière et
brisée... que moi et mes morceaux que je ne veux recoller.
Combien de mois d'introspection macabre seront nécessaires à la naissance d'un moi nouveau qui ne soit pas le résidu de tous ces mois?
03 septembre 2007
Anna Dyomene 2 – Saison 3
Sans doute la dernière saison...
Anna replonge dans la bulle de son bain
mais l'obscurité qui l'environne paraît moins
mystérieuse.
Elle replonge dans cette eau qui frémit
encore au contact de son passé. Bouillonnante, l'eau du bain
voit ses fantômes l'évaporer. A la surface, de nouveaux
écueils flottent autour de son présent et sous la
mousse... sous la mousse?
Qui sait ce que la mousse offre en
réserve...
Des effluves... caresses de vapeur qui
dansent...
caresses de vapeurs si denses.























