Anna Dyomène

Larguer les amarres A marée basse Amarrée... lasse Marre de l'eau lisse Amarylis Amarrée lasse à mari lisse, j'ai largué le mari et je me délasse à marée basse

10 juin 2009

Loup ?

Loup blanc aime les parfums
Du ciel de mai au miel de juin

wolf_2

Loup blanc, loup noir, loup vert, loup gris...
Pour trois loups sauvés...

Qui es-tu?

Tu mets tes chaussures.
Tu viens ici sans t'annoncer;

Que fais-tu?

Tu promènes tes pantalons au bord de mon ruisseau
contemples mes salades et arraches mes herbes folles.

Qu'attends-tu?

Tu t'installes sur ma terrasse,
les yeux perdus dans le vague de ma réalité
et laisses la trace de ton passage.

Que veux-tu?

Tu cherches à me surprendre
mais tu disparais

Loup?

J'arrive



Pour trois loups sauvés...
Un de pris...

 

Posté par Anna Dyomene à 23:44 - L - Loups voyons! - Permalien [#]

17 mai 2009

Mutisme

Les mots se bloquent, le coeur lourd, le ventre vide.
Un frisson parcourt l'échine. J'ai froid
Tu pars

depart

Posté par Anna Dyomene à 23:29 - Permalien [#]

Histoires de fesses

sommeil

Dans la chambre en désordre, la droite prodigieusement assoupie, évidente et réjouissante :

Elle gauche : Le sommeil me fuit. Pourquoi m’obstiner à le chercher.

Elle droite : Crois-tu qu’il soit ailleurs, que tu veuilles partir ainsi ?

Elle gauche : Je m’épuise dans cette quête, mais je dois le capturer. Je veux dormir, comme toi, profondément, du sommeil du juste, à poings fermés, profondément sur mes deux oreilles

Elle droite : Crois-tu que le sommeil me fasse justice, que mes poings ne se ferment que lorsqu’ils dorment, et que jamais mes oreilles ne sifflent quand je m’endors ? J’ai mes cauchemars, tu sais, mais ils s'écartent quand je sens ta présence.

Elle gauche : L’insomnie me guette, et me frappe dès que je ferme un œil. Elle se venge des jours amers, jetant mes âcres pensées pêle-mêle sur les draps froissés.

Elle droite : Et l’attente du sommeil se mue en torture. Tu n’es plus que marionnette ; l’insomnie tire les ficelles et te plonge dans un abîme de détresse.
Et pourtant je suis là, à tes côtés. Sens ma chaleur. Elle est tienne. C’est toi qui me la donnes, chaque fois que tu te sers contre moi. Viens près de moi, blottis toi, j’aimerais te sentir abandonné à mes côtés…

Mais ? tu dors ?

. . .

Posté par Anna Dyomene à 23:20 - G - en moi - Permalien [#]

17 avril 2009

Le coeur saigne

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Son cœur saigne, alors il blesse. Il inflige ses souffrances ; les sacrifices imposés par son amour sont trop durs à supporter. Il s’est arraché aux bras d’une femme qu’il aime, mange avec une autre ce soir, déjeunera avec cet être qui lui est si cher demain, sans même parler de celle qui a su si bien mélanger les saveurs ce midi… et il ne pourra s’envoler sans embrasser sa crevette…

Et je suis seule ici, si loin, si maigre pour faire contrepoids dans la balance de sa vie.

Je sais ce qu’il quitte et pourquoi. Alors il frappe.

Mon cœur saigne, ce soir

Posté par Anna Dyomene à 21:39 - G - en moi - Permalien [#]

16 avril 2009

Liberate me ex inferis

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Chère Vengeance,

Tu veux ma peau… tu ne l’as plus.

Les épines sont dans toute vérité qui démange et dans la brume des remords, de rage, tes sanglots te dévorent. L’ombre diluvienne qui t’inondait s’est faite lumière et tu as ouvert ta porte à la misère. Tu n’es plus que poussières dans les débris de ta vie. Tu voles au vent, Vengeance, et ta justice te supplicie sans merci sous la lame de ta propre haine.

Terreur, tourments, morsures et piquants, écorchures et chardons ardents, tu ruses et tu mens dans les flammes qui te briment. Ta langue est perfide, et bien pendue… mais à la corde, Vengeance, tu te condamnes bientôt.

Adieu Vengeance...

Je t'abandonne ici sans regret.


Posté par Anna Dyomene à 19:50 - D - Endiablée - Permalien [#]

14 avril 2009

Une Saison en enfer

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Je n'y suis déjà plus...
J'en suis sortie... indemne

Posté par Anna Dyomene à 22:56 - A - Le blog et moi et moi - Permalien [#]

12 avril 2009

Les amants de 7 ans

amants_7_ans

Et le Mari, fermant le livre du devoir, s’en allait satisfait et fier, sans voir, dans les yeux bleus et sous le front plein d’éminences, l’âme de sa femme en enfer, livrée aux répugnances... Tout le jour, il transpirait sous les principes de l’ascendance mais sous ses tics noirs, ses traits prouvaient en lui d’âpres hypocrisies. Dans l’ombre des couloirs, il flairait l’ennemi et dans le noir, tuait l’espoir dans les grincements du lit.

Ailleurs, une porte s’ouvrait sur le soir, à la lampe on les voyait, là haut, qui râlaient sur la rampe, les amants de cet an sous les tentures de l’alcôve s’illunaient à l’aventure en s’aimant.

Ses enfants seuls lui étaient familiers. Il leur faisait porter ses propres humiliations et les maniait avec la bonté sournoise de l’idiot. Il avait le regard qui ment et feignait la douceur de l’agneau.

Pour son Mari, elle s’était surprise en pitiés immondes et pour ses enfants, s’effrayait sans cesse en tendresses profondes

L’amant emportait dans la chambre les saveurs de sa peau. Dans la maison, nue, aux persiennes closes, à terre les oripeaux, il était sous elle et lui mordait les fesses en riant. Les amants s’étendent, se tendent, se fendent, se séparent et s’attirent six ans.

Vaincu, stupide, le mari entêté s’enferme dans la fraicheur des latrines. Il pense là, spécule, médite son roman et nourrit sa haine dans l’odeur putride qu’il offre à ses narines.

Il ne reste que froids dédains, l’aliment du mariage, le cœur du divorce aujourd’hui. Il transforme son infamie en gloire, crie à la paix, et poignarde par derrière

Les amants de 7 ans préparent les bougies, soufflent et attisent la passion. Ils rêvent de prairie amoureuse, de houles lumineuses, brises parfumées, pubescences d’or, font leur remuement calme et prennent leur essor.

Les enfants sourient et tendent les fleurs aux amants. Dans des braises de satin blanc, ils soulèvent le voile pour les amants de 7 ans.

Posté par Anna Dyomene à 23:28 - U - Union... un trait tiré - Permalien [#]

31 mars 2009

Bas les pattes

Chat


Un pas de loup, griffes de chat, la panthère aux abois, un chien qui miaule. Pattes de velours mais oeil de lynx. Comme chien et chat s'aiment et s'effacent. Feulent et ricanent tigre et hyène.
Le chat retombe, un coup de patte et croc de fer, grimace en l'air, griffes égratignent, empreinte féline hérisse le poil. tourne les talons, elle part d'un bond, revient, regard de lion. Dans la cage, il tourne, se fait mouton.
Il a cinq pattes, ça ne tient pas debout. L'agneau se rebiffe, le loup hurle à la nuit disparue, bête comme ses pieds. La part du lion, il n'a pas faim mais pourtant. Il se bat comme il est. Chat il est né, chien ne pourra plus.

Bas les pattes!

Chien
 

Posté par Anna Dyomene à 22:31 - C - Comme Chiens & Chats - Permalien [#]

18 février 2009

La nuit des morts vivants 5

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D'outre tombe, de glace, si bleus ses yeux.
Son corps décharné, ses dents abandonnées, ses yeux si vifs
Sa mort, si lente, sa vie si longue, si morte, ses yeux si ravagés
Sa tombe si clinique, son espoir en terre, son amour enterré, ses souvenirs si présents, ses yeux si ouverts.
Sa croix si lourde, sa souffrance si palpable, sa guerre si dévorante, ses morts si vivants, ses yeux si bruts
Ses yeux se ferment, la nuit se fait, la vie commence, sans lui.

Posté par Anna Dyomene à 21:57 - M - Mort tellement - Permalien [#]

19 octobre 2008

Le cheveux sur la soupe

 

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La jeunesse s’est perdue dans la voie sans issue d’un lotissement sans âme alors que le cri d’une insouciance perçait le silence dans la chambre d’un hôtel inconnu à deux pas de la gare de Lyon.  Les réflexions s’entrecroisent et s’enroulent autour des jambes qui se dénouent et courent vers le bonheur. Les détails reviennent nets et précis paraissant plus vivants qu’à l’heure où je les ai surpris sans les contempler.
Comment ai-je fait pour ne pas voir les touffes de poils qui nageaient dans mon potage. Les paupières se baissent comme pour ne pas voir ce qui ne m’aveugle plus. Fermer les yeux et faire taire les images qui remontent à la surface. Les rouvrir.. vides.. vite surtout. Je grimace. C’est impossible ; la lumière sur ce passé si proche traverse encore les parois de l’oubli.
Les yeux clos ne font que voir. 

Ironie du sort.. je suis condamnée à regarder mon passé, les yeux ouverts ou non. Alors je le regarde avec son croc incisif en moins ; la dent qu’il avait contre moi est tombée dans l’assiette. A ce rythme, il prendra bientôt perpétuité dans la purée. Je n’en ferai pas un fromage, même si je ne peux m’empêcher de sourire.
Je ne veux plus me baigner dans sa mauvaise soupe.

Posté par Anna Dyomene à 23:45 - U - Union... un trait tiré - Permalien [#]

08 août 2008

Hors heur

 

hors_heur

 

 

Je ne m’attendais pas à ses yeux de mort, au seuil d’un acte irréparable. Il était devenu de bois semant ses échardes dans ma chair.
Les instants se sont enchainés, rongés par la haine que nous partagions, des rouages d’une mécanique bien huilée ; les émotions quand elles sont destruction.
Il y avait du sang, des cris et des larmes dans nos gestes, des silences assassins et des mots plus tueurs que les silences.
Ce que j’ai souhaité ; qui peut vraiment le savoir, si ce n’est moi et je ne suis pas même sûre de l’avoir voulu mais j’aurais aimé le voir disparaitre pour ne plus me sentir souillée par sa haine.
Le reflet de l’être que j’avais aimé avait totalement disparu dans l’ombre du mépris qu’il éveillait en moi. Deux larves impudentes baignant dans leur médiocrité, hors nature, contre nature, sans excuse.
Nous nous faisions horreur.

Nous l’étions devenus…

Horreurs

Posté par Anna Dyomene à 00:48 - U - Union... un trait tiré - Permalien [#]

29 juin 2008

Pour quelle raison étrange...

 

etrange

- Etranger, je ne vous connais pas et pourtant je crois vous connaître depuis toujours.

- Vous portez en vous ce qui git en moi.

- Vous parlez ou c’est moi ? Les mots de votre bouche embrassent la mienne.

- Nous sommes si loin et pourtant si proches. Ma main demande la vôtre.

- J’aimerais la couper pour vousl’offrir.

- Que serait votre main sans vos yeux. Je veux me baigner dans le miroir de votre âme.

- Donnons nous la main, au moins une fois. Je veux m’enivrer de cette caresse. Je veux que cette sensation survive au fond de moi et vive dans mes yeux.

- Le soleil dans vos yeux m’aveugle. Vous souriez, comme c’est étrange.

- Je ne suis être ange. Je suis ce que vous êtes. Ce qui gisait au fond de vous s’élève dans mon ciel. C’est vous qui me faites briller.

- J’ai toujours fui ce que je suis et pourtant je suis ce que vous êtes.

- Suivez moi alors.

- Je vous suis mais qui êtes-vous ?

- Amour ?

Posté par Anna Dyomene à 22:46 - Y - Chromosome méconnu - Permalien [#]

27 juin 2008

rien de raisonnable en somme

Le crime et le péché… la trahison, la faute et la fuite… l’adultère, le viol et le coup de poing… le pourquoi et les raisons… les raisons et les conséquences… les conséquences et leur déraison...

raison

Nous avons couru à notre perte sans raison apparente. Chacun de nous avait ses raisons bien dissimulées au cœur de son être, dans ces abîmes torturées de la conscience et nous avions tous deux raison dans notre délire. Aucun acte ne peut avoir d’explication complètement raisonnable. Ce qui me dépasse encore ne peut être englobé dans la simple compréhension des raisons… déraisons de l’un ou de l’autre.

J’avais raison et pourtant j’avais tant de torts.

Comprendre ?

Comprendre l’essence du mal qui nous rongeait ? A quoi bon ? Deux boites craniennes rongées jusqu’à l’os par les incohérences de l’autre, s’affrontant sans pouvoir entendre la moindre raison de l’autre, jusqu’à se détruire… irrémédiablement.

Les yeux embués de larmes, j’ai le souvenir d’avoir eu mal, terriblement mal, j’ai le souvenir des ses yeux qui avaient perdu toute trace de raison… la démence de son regard, j’ai le souvenir de ses pleurs aussi et de tant d’incompréhensions.

L’acte, le geste, le fait, le factuel ou je ne sais quoi, n’ont plus de sens ou de raison si même ils en ont eu un ou une à l’époque…

Ma réalité se concentre autour de cri en plein ventre, devant la faillite de l’expression raisonnée et rationnelle qui était la nôtre.

J’appréhende encore ouvrir mon ventre et laisser jaillir ce que j’ai enfoui pendant cette période sombre… ce magma épais d’amour, de haine, de rage, de colère et de médiocrités toutes confondues. Tant d’émotions comprimées dans un ventre qui se sentait se vider dans cette relation… pour nourrir la folie…

Pour nourrir ses raisons…

Posté par Anna Dyomene à 22:50 - U - Union... un trait tiré - Permalien [#]

26 juin 2008

Premier silence

ecrire

Le passé se mêle au présent et la symbolique et la chimère se figent dans la réalité. Tout n'est que déraison dans les abîmes de la conscience et les incohérences voguent toujours dans la tourmente.

Je ne sais plus écrire...
J'ai écrit pourtant...
Il y a longtemps...
C'était avant.

Je me lève et je regarde. Je me tais et j'observe. Je ne dis rien mais je fixe les mots qui se sont tus.
Je ne les écrirai ni à toi, pas à toi, pas à pas, un peu à toi. Mon silence déborde et fait tâche. Les mots éteints s'enchevêtrent douloureusement dans le fibre profonde de l'être et ne s'extirpent qu'à force de cris. Mon coeur ne pourra m'absoudre des mots que ma bouche n'a pas entrepris de prononcer.

 

Je vis dans les vestiges de mon monde qui s'est disloqué à la veille de ma renaissance. Des ruines et des douleurs. Je souris devant l'expression de désarroi qui envahit encore mon visage alors que déjà mon regard s'illumine des premiers rayons, à l'aurore de ma propre naissance...

Je dévisse le bouchon du stylo...
Le mot envahit ma ligne de vision...
Une ombre derrière lui...
Un mot résonne et fait écho...
La plume s'envole...
C'est parti...

...

Posté par Anna Dyomene à 23:21 - A - Le blog et moi et moi - Permalien [#]

30 novembre 2007

Conte pour enfants battus

impere

 24 nov 2007

  Par les chemins de Parsimone, un homme allait, vêtu de guenilles, une carapace de poussière et de crasse agglomérées cachait son visage; je m’approchai d’un pas, puis de deux, m’arrêtai, son visage se déformait à mon approche. Deux formes confuses ballotaient, accrochées à ses bras, humaines je crois. Il les serra contre lui.

« Homme où te rends-tu ainsi, que fais-tu sur ce chemin qui ne mène nulle part ? 

(Je le sais, j’en reviens.)

- Etranger, laisse-moi, ta présence me gêne, tes mots me ralentissent, va-t-en !

- Que tiens-tu ainsi ? n’as-tu point passé l’âge de jouer à la poupée ? Pourquoi cette urgence, pourquoi ce silence ?

- Etranger, je te le répète, va-t-en, avant que je ne tempête, avant que de mes poupées je ne te batte. Mon silence n’est pas puisque je te parle, n’entends-tu pas ? Oui, je suis pressé, ma quête n’attendra pas, et les obstacles de ton espèce ne m’arrêteront pas. Ote-toi de mon chemin ou il t’en cuira ! 

Je ne pus m’empêcher de sourire, cet être ridiculement faible et fluet me menaçait ! Je ne bougeai pas.

- Bien, montre-moi ta détermination, bats-moi de tes poupées ou de ce que tu voudras, je ne te laisserai pas.

Il devint aussitôt comme hystérique, trépigna, hurla, battit les fougères de ses bras, lança vers moi ses poupées, qu’il déchiqueta. 

Amusé, je le regardais, me demandant dans quel monde il était qui lui permettait de se croire si puissant. Ses coups me frôlaient comme le vent à la fenêtre d’une nuit d’été tiède en faisait frémir les voiles.

- Homme, que crois-tu faire ? tu ne m’atteins même pas !

Son visage se détendit soudain, un éclair narquois, parti de ses yeux semblait l’illuminer :

- Ce n’est pas toi que je bats, ce sont mes poupées.

Quelque chose dans son attitude m’interpella… quelque chose dans la posture des chiffons au bout de ses mains me fit sursauter : ce n’en était pas.

- Homme indigne, je ne comprends pas, c’est moi l’objet de ta haine du moment, que fais-tu à… ces enfants-là !?

- Cela ne te regarde pas, ce sont les miens, me rétorqua-t-il, et ce que j’en fais ne te concerne pas.

- Alors, laisse les, viens te mesurer à moi.

- Etranger, cette fois encore tu ne comprends pas, si je les bats, c’est toi que je vaincs, car tu souffres de ce que je leur inflige, par ma foi.

Interloqué, je le fixai d’un air contrit : oui, il avait raison, il me battait plus fort que de ses poings. Plus sûrement que n’importe quel coup qu’il aurait pu m’asséner.

- Mais eux ? pourquoi ? de quel droit ?

- Eux ? un nouveau sourire s’élargit sous ses petits yeux froids. J’ai les droits que me confère le pouvoir des pères. Ils sont à moi, depuis leur voix jusqu’à la fin de leurs nerfs. Va-t-en à présent. Laisse-moi passer, pour la dernière fois.

- Je ne te laisserai pas passer, homme qui n’en a que lointaine apparence, si tu ne  me dis l’objet de cette quête qui te fait sacrifier tes enfants ainsi.

Il se mit à sangloter. Je n’en revenais pas. Lui que la douleur de ses enfants laissait froid, il pleurait…

- Je… cherche… me dit-il entre vertes glaires et hoquets humides, je cherche l’homme… l’homme qui a trahi son amour...

Je le fixai sans comprendre… Il était fou ou trop amer, il ne voyait pas?

- Ce type de traitre est bien courant je crois, ton état me laisse à penser que tu manques de chance, singulièrement : pour ma part, j’en vois à chaque pas.

- Pâle étranger si stupide, que de temps je perds avec toi ! Je t’en prie, laisse moi.

Ce disant, vers ses enfants il fit un pas. 

- Misérable, tu ne recommenceras pas ! dis-moi ton secret ou je te briserai ! ou bien prends t’en à moi car j’ai trahi l’amour, je te le dis.

Son air se fit matois, il me jaugeait, j’en frémis.

- Si tu me brises, tu les briseras en même temps que moi…
As-tu déjà aimé ? As-tu été trahi toi-même ?

- Oui, je crois, répondis-je d’un souffle en croix.

- As-tu trahi l’objet de tes pensées ? L’as-tu brisé aussi ?

- Sans le vouloir, oui, une fois.

- Le regrettes-tu ? penses-tu à lui le soir quand tu as froid ?

- Oui, chaque soir, et j’ai toujours froid, même quand le soleil ne se couche pas.

- Et cet amour qui t’a trahi, l’as-tu brisé aussi ?

- Non ! je l’aimais, pourquoi le briser ? je ne comprends pas.

- Tu ne m’intéresses pas ! tu n’es pas celui qui a trahi ! 

- Pourtant si, j’ai trahi ! Ecoute-moi !

- Celui qui a vraiment trahi l’amour, il est comme moi, de vengeance son cœur est empli, il n’a jamais froid. Par les chemins il divague, il me cherche, j’en suis convaincu. Des sources taries il fait remonter la souffrance, en cherche d’autre, s’en abreuve mais a toujours soif … du mal il se désaltère, la vengeance l’anime car il a eu mal, si mal, à tel point que…  vois-tu, –son regard se mit à luire d’un éclat presque clair, quasi lucide- c’est l’amour qui était en lui qu’il a trahi quand son amour l’a trahi.
Celui qui n’a jamais trahi se trahit lui-même, il a raison.

Ainsi donc, c’était cela. Cet homme voulait rendre sa douleur, au centuple s’il le fallait.

- A-t-il encore le nom d’homme, celui qui agit ainsi ? De quelle humanité se targue-t-il, lui qui ne vaut pas la poussière qui le couvre, lui dont le courage se résume à tant de lâcheté ? Ne sait-il que pleurer sur lui ? Comment supporte-t-il le mépris qu’il amasse ? Que ton pareil existe, je ne crois pas. S’il existait, en contemplant ta face immonde, il ne se reconnaitrait pas, il ne le pourrait pas.

Et puis, pourquoi veux-tu tant le trouver ? repris-je, pourquoi te cherches-tu tant à travers lui ?

- Pour le tuer. »

Posté par Anna Dyomene à 23:11 - G - en moi - Permalien [#]

12 septembre 2007

« Cachez ce sein... »

chapeau



Mes mots indécents...  cachés...

 

Mes mots impudents...  cachés...

 

Mes mots tout simplement...   cachés...



 

Monsieur Tartuffe, vous singez à merveille la personne blessée par l'attentat de mon indécence. Convenance et  bienséance... deux mots trop délicats dans votre bouche qui ne sait pas saluer.

Monsieur Tartuffe, vous voulez me faire la peau... Une armée de fourmis tueuses pour lutter contre une « amante meurtrière », j'ai ri, je crois, vous croyant tombé malade, mais hélas, vous n'êtes  imaginaire.

Vous me faites porter le chapeau. Je l'accepte et je le porte même sans protester. Je l'exhibe attisant ainsi votre désir de vengeance et celui de me faire taire. Pourtant, me réduire au silence ne ferait que vous déplaire. Que faire?

Je vous salue bien bas Monsieur Tartuffe et prends congé. Je n'ai que faire de vos états d'âme, je le confesse. Je ne vous laisse que ce sein qui cache un coeur que vous n'avez su voir.

Adieu Monsieur Tartuffe... sur votre conseil, je pars ailleurs, essaimer mes mots sur d'autres rivages... avec ceux que j'aime.

est_ce_aimer

Posté par Anna Dyomene à 18:01 - A - Le blog et moi et moi - Permalien [#]

09 septembre 2007

Que votre rage éclate, Madame...

Vous libère... et que la mienne engloutisse la nôtre.
111_
Votre visage Madame, je ne le connais pas, pas plus que la couleur de vos lignes, ni l'ovale de vos blessures. Je vous imagine, les traits crispés, tapant de rage sur les touches de ce clavier. Je ne sais rien des douleurs qui vous font froncer les sourcils aujourd'hui, ni de celles qui pincent votre ventre. Je n'entends pas même la profondeur des plaintes qui sortent de votre bouche...

Je n'entends que la rumeur... ce bourdonnement que je déteste. Ces sons déformés... qui font sensation... désagréable sensation.
Les sons qui se propagent Madame, sont infidèles... ils encensent méprise et malentendus.

112La souffrance vous égare, Madame.

J'ai prêté l'oreille à la rumeur colportée, n'en croyant pas mes yeux. On croirait une farce, un Vaudeville façon Molière, avec un dernier larron jetant l'huile sur nos flammes.
Je ne me sens pas rivale, seulement blessée.

Vous lisez mes mots pour y chercher la vérité et le mensonge. Je ne me cache pas. Oui, j'aime, évidemment. Oui, j'aime, avidement. Mes lignes ne cherchent pas à vous tromper et démentir ne ferait qu'empirer les choses. J'aimais une sensibilité dans l'écriture, une intelligence aux formes bigarrées, bien plus, bien plus... j'aime toujours mais je suis aujourd'hui captive d'un regard profond, d'une main qui me fait renaître. Nos rencontres de la nuit me sont aujourd'hui vitales et je ne saurais m'en passer. Mais c'est une vérité que vous connaissez déjà

Je vous vois, Madame, sans lumière et je sens le reproche expiré de votre bouche alors que votre corps aspire à vivre. Je vois la lueur qui vous anime, flamme tragique. Je vois ce moment originel que vous ajoutez aux fatalités de votre vie.113

J'aimerais vous parler, mais ma voix est déroutée. Il est là. Ils sont là, oserais-je dire. La haine s'enchante à polir la misère. Vous servez la colère, Madame. Asservissez-là, je vous en prie et donnez naissance à l'espérance.

Je vous en prie, Madame, n'écrivez pas votre tragédie.

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06 septembre 2007

Einstein – Podolski – Rosen

coeurs_egares

Réalité quantique des coeurs rencontrés et non-séparabilité.

Lorsque deux systèmes ont interagi; seul le système global constitué des deux systèmes en mouvement est dans un état défini et permet l'appréhension de chacun des sous-systèmes sans pour autant offrir un état à ceux-ci.

La vérité du coeur reste insaisissable. Elle n'est que mouvements, chutes, collisions, entre-chocs, fêlures, éclats... Les coeurs se croisent et interfèrent dans la trajectoire de leurs sentiments communs. A jamais, ils resteront unis, même éloignés, même séparés...  même abattus...

La vérité du coeur est insaisissable - je me répète... je sais... - car il ne fonctionne pas dans un système isolé. Qui plus est, il est en mouvement perpétuel. Il est donc impossible d'en comprendre les palpitations sans appréhender l'ensemble des impacts composant le système global, lui même constitué d'une infinité de sous-systèmes interagissant entre eux...


Je savais que la science me servirait un jour à la compréhension de son contraire.

 

Posté par Anna Dyomene à 21:29 - G - en moi - Permalien [#]

04 septembre 2007

Umbra dolorosa...

ora pro nobis
Poulenc

Requiem pour quelques mots écrits à fleur de peau, tus au coeur des maux.

mots_interdits

Tant de mots qui sont restés sans vie dans le parapet, et qui ne se sont pas relevés, d'autres écorchés vifs, dégoulinants de sang et de colère étouffée...tant de mots fleurissent les tombes de mes échecs inavoués.

Ce sont eux que je cherche aujourd'hui, mes mots invalides, handicapés, ceux que je ne sais écrire sans les défigurer, ceux que je n'ose regarder en face sans me sentir mal à l'aise.. mes mots estropiés, scarifiés, mutilés par mes silences... ceux que je dévisage en baissant les yeux de peur qu'ils ne pénètrent mon regard. Ils sont nombreux encore dans mes mains, tous ces mots mourants ne cessant de vivre, que je traîne comme autant de reliques au fond du coeur, trop sacrées pour être touchées, mais trop pourries pour être soulevées.

mots_effleur_s

Les mots écrits ici donneront toujours l'impression du dérisoire...

Il n'y aura jamais de ligne fulgurante pour exprimer ce que les mots ont tu. C'est un combat entre les mots et leurs silences.
Le silence des mots... pour exprimer le vide, le mort, l'amour, le puissant, le pénétrant. Nos mots ne savent écrire que ce qui nous aveugle à force d'être énorme. Ils s'arrêtent sur l'aiguille sans remarquer le foin qui me brûle, ils débordent sans distinguer la goutte qui contient le vase.
Ils écrivent ce qui nous crève les yeux, incapable de faire sortir ce qui nous crève le coeur.

Souffrance
Ce mot si simple à écrire... si dur à exprimer

mots_effleur_s

Combien faudra-t-il de lettres, combien faudra-t-il de lignes pour extirper le mal qui baigne au coeur de mes mots? Les mots, seules armes pour ce combat, seules défenses aussi... un combat de titan mené avec une armée de fourmis.
Des mots qui n'avancent à rien... ou si peu... chaque millimètre contre une souffrance gagné à l'arrachée.

Mes mots... éblouissants, sensuels, mystérieux, attirants... ces mots tournés vers la lumière ne cachent que l'ombre qu'ils renferment. Mes mots... des leurres... trompes-l'oeil...
Les mots... les mots si puissants qu'ils nous laissent sans voix devant l'indicible, l'oubli caché (le caché oublié?), les oubliettes de nos maux disparus, enfouis de n'avoir pu se les révéler.

mots_effleur_s

L'unité de mon être... comme le plus beau mensonge jamais révélé... je ne serai jamais que moi cherchant à m'extraire de moi... que moi cherchant successivement à faire vivre la petite fille qui vit encore en moi pour mieux la sacrifier ensuite... que moi cherchant à me prouver que j'ai tort... que moi dissimulant tour à tour le meilleur et le pire dans un délicat subterfuge de mots trompeurs... que moi m'aveuglant de moi... que moi qui ne supporte plus mon nombril... que moi jouant de mes lumières pour camoufler mes ténèbres... que moi, angéliquement démoniaque, divinement humaine... que moi, bouffée par mes contradictions et paradoxes... que moi, entière et brisée... que moi et mes morceaux que je ne veux recoller.

Combien de mois d'introspection macabre seront nécessaires à la naissance d'un moi nouveau qui ne soit pas le résidu de tous ces mois?

mots_terrass_s

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03 septembre 2007

Anna Dyomene 2 – Saison 3

Sans doute la dernière saison...

ban_sept_07

Anna replonge dans la bulle de son bain mais l'obscurité qui l'environne paraît moins mystérieuse.
Elle replonge dans cette eau qui frémit encore au contact de son passé. Bouillonnante, l'eau du bain voit ses fantômes l'évaporer. A la surface, de nouveaux écueils flottent autour de son présent et sous la mousse... sous la mousse?
Qui sait ce que la mousse offre en réserve...

Des effluves... caresses de vapeur qui dansent...
caresses de vapeurs si denses.

Posté par Anna Dyomene à 12:53 - H - Hydrotomatique - Permalien [#]



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