19 octobre 2008
Le cheveux sur la soupe
La jeunesse s’est perdue dans
la voie sans issue d’un lotissement sans âme alors que le cri d’une insouciance
perçait le silence dans la chambre d’un hôtel inconnu à deux pas de la gare de
Lyon. Les réflexions s’entrecroisent et
s’enroulent autour des jambes qui se dénouent et courent vers le bonheur. Les détails
reviennent nets et précis paraissant plus vivants qu’à l’heure où je les ai
surpris sans les contempler.
Comment ai-je fait pour ne pas
voir les touffes de poils qui nageaient dans mon potage. Les paupières se
baissent comme pour ne pas voir ce qui ne m’aveugle plus. Fermer les yeux et
faire taire les images qui remontent à la surface. Les rouvrir.. vides..
vite surtout. Je grimace. C’est impossible ; la lumière sur ce passé si
proche traverse encore les parois de l’oubli.
Les yeux clos ne font que voir.
Ironie du sort.. je suis
condamnée à regarder mon passé, les yeux ouverts ou non. Alors je le regarde
avec son croc incisif en moins ; la dent qu’il avait contre moi est tombée
dans l’assiette. A ce rythme, il prendra bientôt perpétuité dans la purée. Je n’en
ferai pas un fromage, même si je ne peux m’empêcher de sourire.
Je ne veux plus me baigner
dans sa mauvaise soupe.

