17 mai 2009
Histoires de fesses
Dans la chambre en désordre, la droite prodigieusement assoupie, évidente et réjouissante :
Elle gauche : Le sommeil me fuit. Pourquoi m’obstiner à le chercher.
Elle droite : Crois-tu qu’il soit ailleurs, que tu veuilles partir ainsi ?
Elle gauche : Je m’épuise dans cette quête, mais je dois le capturer. Je veux dormir, comme toi, profondément, du sommeil du juste, à poings fermés, profondément sur mes deux oreilles
Elle droite : Crois-tu que le sommeil me fasse justice,
que mes poings ne se ferment que lorsqu’ils dorment, et que jamais mes oreilles
ne sifflent quand je m’endors ? J’ai mes cauchemars, tu sais, mais ils s'écartent quand je sens ta présence.
Elle gauche : L’insomnie me guette, et me frappe dès que je ferme un œil. Elle se venge des jours amers, jetant mes âcres pensées pêle-mêle sur les draps froissés.
Elle droite : Et l’attente du sommeil se mue en torture.
Tu n’es plus que marionnette ; l’insomnie tire les ficelles et te plonge
dans un abîme de détresse.
Et pourtant je suis là, à tes côtés. Sens ma chaleur. Elle est tienne. C’est
toi qui me la donnes, chaque fois que tu te sers contre moi. Viens près de moi,
blottis toi, j’aimerais te sentir abandonné à mes côtés…
Mais ? tu dors ?
. . .

