20 juin 2007
Lambi et ma conque
Les couleurs ont fait silence et sur la palette les émotions se sont solidifiées en carapace d'abstinence. Les pigments desséchés, croûtes de gouaches abandonnées, les tubes écrasés... délaissés, lancent un cri... souvenirs de rêves éblouissants. Une goutte? Mais est-ce une larme, à l'orée de l'âme?
Il
a jeté l'encre au fond de l'eau et les mots s'endorment
recroquevillés sur le corps qui se rétracte endolori
par les questions sans réponse. A la pointe du pinceau, la
réminiscence des fièvres et des transes palpitantes
impétueuses et vivantes, teintes éclatantes, brins de
soleil qui se réveillent comme le fil de crin se perd dans le
creux de la main... fusain de nos plus noirs desseins, sanguines de
nos pensées assassines, aquarelles, parfums d'ombelles, désirs
d'ailes...
Les
mots en détresse se sont enfermés dans la coquille vide
et dure, vide et fragile de l'instant qui se creuse.
Peindre
et se teindre.
Être
et transparaître.
Esquisser
un décor et du corps s'esquiver.
Profiler
une silhouette et perdre son profil.
S'écrire
à deux mains, souffrir et s'offrir, et franchir demain
Libeller... belle idée libre... libellule... dans une bulle, s'envoler
07 avril 2007
J'escargotte
Je
ne vous parlerai pas de la bave brillante que je laisse comme une
trace de mon passage... ni de mon penchant hermaphrodite... Je
ne vous offrirai pas ce plaisir... si vite. Vous faire languir un
peu... m'amuse... car tout comme chez ma cousine... tout vient
à temps à qui sait attendre...
Je
ne vous dirai pas non plus que je porte ma maison sur mon dos...
voilà bien longtemps que j'ai déposé mon petit
baluchon... et mes nuits à la belle étoile... hmmm...
Non
non... je ne vous raconterai pas que j'attends qu'il pleuve pour
sortir la tête... je préfère largement cuire au
soleil que dans le beurre à l'ail.
Je
ne rampe pas non plus dans les salades... encore que... là...
on se rapproche de la réalité...
Non non... quand je dis que j'escargotte, j'inverse le mouvement de la pensée en spirale
Je
suis face à mon incohérence, incapable de trouver ma
solution... alors une à une mes pensées convergent vers
ce point d'incompréhension. Je m'enferme et me replie...
instinctivement... devenant complètement hermétique aux
autres... C'est un repli, pas un renoncement... pas même la
désaffection d'un état. Le besoin inexorable de me
retrouver au fond de moi
Je
me concentre alors sur l'exploration de mon univers opaque et fermé
où les pensées s'entrechoquent... je m'enroule autour
de ce point central, douleur névralgique que je dois percer,
soigner et protéger. Il n'y a pas de logique. Les réflexions
se cognent sur les parois et rebondissent en spirale et se perdent
sans trouver d'issue puis se recroquevillent, se referment et
laminent intérieurement les convictions. En l'absence de
méthode, elles perforent les parois d'idées reçues,
recherchent les erreurs, les courants contraires, les discordances,
les concessions, les faiblesses et les forces.
Je colimaçonne dans le chemin de ma pensée mais l'escalier est étroit... difficile de pénétrer le cercle de ma nébuleuse... Les courants contraires me poussent dans l'impasse alors la pensée tourne en sourdine... tourne... tourne... et je me carapace... jusqu'à ce que je trouve ma sortie...
Et que je lève le rideau... une fois encore... sur une part d'ombre que je mettrai sous la lumière...




