Anna Dyomène

Larguer les amarres A marée basse Amarrée... lasse Marre de l'eau lisse Amarylis Amarrée lasse à mari lisse, j'ai largué le mari et je me délasse à marée basse

20 juin 2007

Lambi et ma conque

lambi

Les couleurs ont fait silence et sur la palette les émotions se sont solidifiées en carapace d'abstinence.  Les pigments desséchés, croûtes de gouaches abandonnées, les tubes écrasés... délaissés, lancent un cri... souvenirs de rêves éblouissants. Une goutte? Mais est-ce une larme, à l'orée de l'âme?

Il a jeté l'encre au fond de l'eau et les mots s'endorment recroquevillés sur le corps qui se rétracte endolori par les questions sans réponse. A la pointe du pinceau, la réminiscence des fièvres et des transes palpitantes impétueuses et vivantes, teintes éclatantes, brins de soleil qui se réveillent comme le fil de crin se perd dans le creux de la main... fusain de nos plus noirs desseins, sanguines de nos pensées assassines, aquarelles, parfums d'ombelles, désirs d'ailes...

Les mots en détresse se sont enfermés dans la coquille vide et dure, vide et fragile de l'instant qui se creuse.

Peindre et se teindre.
Être et transparaître.
Esquisser un décor et du corps s'esquiver.
Profiler une silhouette et perdre son profil.
S'écrire à deux mains, souffrir et s'offrir, et franchir demain

conque_lambi

Libeller... belle idée libre... libellule... dans une bulle, s'envoler


Posté par Anna Dyomene à 10:09 - E - Escargottique - Permalien [#]


07 avril 2007

J'escargotte

Je ne vous parlerai pas de la bave brillante que je laisse comme une trace de mon passage... ni de mon penchant hermaphrodite... Je ne vous offrirai pas ce plaisir... si vite. Vous faire languir un peu... m'amuse... car tout comme chez ma cousine... tout vient à temps à qui sait attendre...
Je ne vous dirai pas non plus que je porte ma maison sur mon dos... voilà bien longtemps que j'ai déposé mon petit baluchon... et mes nuits à la belle étoile... hmmm...
Non non... je ne vous raconterai pas que j'attends qu'il pleuve pour sortir la tête... je préfère largement cuire au soleil que dans le beurre à l'ail.
Je ne rampe pas non plus dans les salades... encore que... là... on se rapproche de la réalité...

Non non... quand je dis que j'escargotte, j'inverse le mouvement de la pensée en spirale

escargot1

Je suis face à mon incohérence, incapable de trouver ma solution... alors une à une mes pensées convergent vers ce point d'incompréhension. Je m'enferme et me replie... instinctivement... devenant complètement hermétique aux autres...  C'est un repli, pas un renoncement... pas même la désaffection d'un état. Le besoin inexorable de me retrouver au fond de moi

Je me concentre alors sur l'exploration de mon univers opaque et fermé où les pensées s'entrechoquent... je m'enroule autour de ce point central, douleur névralgique que je dois percer, soigner et protéger.  Il n'y a pas de logique. Les réflexions se cognent sur les parois et rebondissent en spirale et se perdent sans trouver d'issue puis se recroquevillent, se referment et laminent intérieurement les convictions. En l'absence de méthode, elles perforent les parois d'idées reçues, recherchent les erreurs, les courants contraires, les discordances, les concessions, les faiblesses et les forces.

Je colimaçonne dans le chemin de ma pensée mais l'escalier est étroit... difficile de pénétrer le cercle de ma nébuleuse...  Les courants contraires me poussent dans l'impasse alors la pensée tourne en sourdine... tourne... tourne... et je me carapace... jusqu'à ce que je trouve ma sortie...

Et que je lève le rideau... une fois encore... sur une part d'ombre que je mettrai sous la lumière...

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Posté par Anna Dyomene à 22:25 - E - Escargottique - Permalien [#]
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