27 avril 2007
De ma main

Des mots qui ne sont pas les miens
14 mars 2007
Qui sait si les doigts sont saufs?
Mes doigts ont reculé
quand l'ordinateur a planté, au mauvais moment... certes...
certes. Fatalité, me direz-vous? Qui sait? Ils sentaient
peut-être le vent venir et je n'aurais sans doute pas dû
le rallumer.
Le froid a glacé
mes extrémités quand le fond de l'air a senti le
roussi. Puis il s'est engouffré dans mes pensées. Le
froid, l'air ou le roussi? Qui sait?
Mes doigts maladroits ont
tapé quelques mots idiots, vite faits... mais c'était
déjà trop tard... en un tour de mains, l'espace était
abandonné, sans vie.
Mes mains ont pris la
poudre d'escampette pour ne pas se faire taper sur les doigts...
mettre un doigt dans l'engrenage et les mots s'envolent plus vite que
les pensées, puis... j'en mettrais ma main à couper...
je m'en mordrais les doigts après.
Mais ne comptez pas sur
mes doigts pour vous raconter ce qui s'est passé...
de toute façon, je n'en ai que cinq, vous n'iriez pas bien
loin... En tout cas, je n'irai certainement pas lui courir sur les lignes
de la main pour lui montrer le chemin. Fourrer les doigts dans des
petits coins qui ne nous regardent pas... qui sait où ça
peut emmener? Je sais d'expérience qu'il est dangereux de
rester à portée de ses doigts quand il est d'humeur
massacrante... et qu'il n'y va pas toujours de main morte.
Je ne forcerai pas la
main, elle est libre de mettre un point final à l'histoire...
ou continuer, avec ou sans celle que je ne lui tends plus. Dans ce
jeu de paume, il n'y a pas de serment... chacun se renvoie la balle
et se sépare quand bon lui semble.
Qui sait si nous serons
là demain? Qui sait?
Deux mains... dès
l'aube?
Mes doigts se croisent en silence.
09 mars 2007
Ta main de chair, d'os et de sang...
Ta main
te maquille encore, un peu de poudre aux yeux, un fond pour un teint
uniforme... tu soulèves tes cheveux pour mettre en valeur ton
regard et tu attaches cette petite mèche rebelle... ta main
tresse ta propre couronne de laurier... et bat la mesure sur l'air
que tu as choisi.
Mais ta
main te trompe encore... regarde-la...
un
doigt de sagesse, un doigt de volupté, un doigt de féerie...
un petit doigt de cruauté... mais un pouce pour t'arrêter...
Pourrais tu écrire de cette main gauche que tu ne soulèves jamais? Qu'importe que tu le fasses ici ou ailleurs... accepteras-tu de la laisser t'extérioriser?
Si tu
commences, tes mains ne sauront plus se taire, elles seront sans
pitié et n'épargneront plus tes silences...
Tes
mains de paroles muettes se livreront délivrant les pensées
que tu menottes à tes poignets? A bras le corps, tes mains se
feront traîtresses de mots que tu ne souhaites voir sortir de
ta forteresse... des mains sans caresse, sans tendresse... des gifles
sur tes faiblesses... du mépris sur tes peurs... refuser tes
pudeurs... arrogance devant les répugnances, des mains de
violences... en toute innocence... tueront les silences.
Des mains assassines te dessinent des gants de velours...




