16 mars 2007
La bauge
Sèche...
mon corps craquelé se fissurait laissant place à une
large crevasse exsangue de vie. La plaie béante suintait de
souillures et d'immondices blanchâtres qui explosaient en
fracas mes pauvres illusions pour mieux me renverser.
Le
pire est toujours tapi dans l'ombre alors j'ai introduit ma main dans
cette entaille laiteuse, cette substance visqueuse et gluante de vie
bien propre...
J'y
ai plongé la main... bien au delà du poignet... mon
avant-bras submergé dans cette texture glutineuse et j'ai
senti la sueur couler le long de ma colonne.
De
petits vers blancs, des maux blafards grouillaient dans le fond de
mes entrailles, charriant les immondices de mon coeur livide. La
douleur immonde suintait par les pores de la peau, lui offrant
l'odeur pestilentielle et nauséabonde d'une humanité
décharnée se décomposant dans un relent de
fétidité.
Je
me suis levée et j'ai craché au visage de mon innocence
et naïveté.
Toute
cette blancheur répugnante me dégoûtait... je me
suis frottée... tant et tant que ma peau a pris la teinte
rouge de l'envie et de la passion. Si j'avais pu m'arracher la peau,
je l'aurais fait... mais le mal était en moi ulcérant
mes viscères... incapable de l'extirper...
J'ai
crié de rage... j'ai crié de désespoir et j'ai
fui...
J'ai
couru... couru... j'ai couru recherchant les sens interdits pour m'y
engouffrer
J'ai vu cette nappe de boue... je m'y suis traînée...vautrée de tout mon long... roulée avec délectation. Le mal rongeait toujours l'intérieur... j'acceptais enfin ma peau... elle ne démangeait plus.


