Anna Dyomène

Larguer les amarres A marée basse Amarrée... lasse Marre de l'eau lisse Amarylis Amarrée lasse à mari lisse, j'ai largué le mari et je me délasse à marée basse

12 avril 2009

Les amants de 7 ans

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Et le Mari, fermant le livre du devoir, s’en allait satisfait et fier, sans voir, dans les yeux bleus et sous le front plein d’éminences, l’âme de sa femme en enfer, livrée aux répugnances... Tout le jour, il transpirait sous les principes de l’ascendance mais sous ses tics noirs, ses traits prouvaient en lui d’âpres hypocrisies. Dans l’ombre des couloirs, il flairait l’ennemi et dans le noir, tuait l’espoir dans les grincements du lit.

Ailleurs, une porte s’ouvrait sur le soir, à la lampe on les voyait, là haut, qui râlaient sur la rampe, les amants de cet an sous les tentures de l’alcôve s’illunaient à l’aventure en s’aimant.

Ses enfants seuls lui étaient familiers. Il leur faisait porter ses propres humiliations et les maniait avec la bonté sournoise de l’idiot. Il avait le regard qui ment et feignait la douceur de l’agneau.

Pour son Mari, elle s’était surprise en pitiés immondes et pour ses enfants, s’effrayait sans cesse en tendresses profondes

L’amant emportait dans la chambre les saveurs de sa peau. Dans la maison, nue, aux persiennes closes, à terre les oripeaux, il était sous elle et lui mordait les fesses en riant. Les amants s’étendent, se tendent, se fendent, se séparent et s’attirent six ans.

Vaincu, stupide, le mari entêté s’enferme dans la fraicheur des latrines. Il pense là, spécule, médite son roman et nourrit sa haine dans l’odeur putride qu’il offre à ses narines.

Il ne reste que froids dédains, l’aliment du mariage, le cœur du divorce aujourd’hui. Il transforme son infamie en gloire, crie à la paix, et poignarde par derrière

Les amants de 7 ans préparent les bougies, soufflent et attisent la passion. Ils rêvent de prairie amoureuse, de houles lumineuses, brises parfumées, pubescences d’or, font leur remuement calme et prennent leur essor.

Les enfants sourient et tendent les fleurs aux amants. Dans des braises de satin blanc, ils soulèvent le voile pour les amants de 7 ans.

Posté par Anna Dyomene à 23:28 - U - Union... un trait tiré - Permalien [#]


19 octobre 2008

Le cheveux sur la soupe

 

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La jeunesse s’est perdue dans la voie sans issue d’un lotissement sans âme alors que le cri d’une insouciance perçait le silence dans la chambre d’un hôtel inconnu à deux pas de la gare de Lyon.  Les réflexions s’entrecroisent et s’enroulent autour des jambes qui se dénouent et courent vers le bonheur. Les détails reviennent nets et précis paraissant plus vivants qu’à l’heure où je les ai surpris sans les contempler.
Comment ai-je fait pour ne pas voir les touffes de poils qui nageaient dans mon potage. Les paupières se baissent comme pour ne pas voir ce qui ne m’aveugle plus. Fermer les yeux et faire taire les images qui remontent à la surface. Les rouvrir.. vides.. vite surtout. Je grimace. C’est impossible ; la lumière sur ce passé si proche traverse encore les parois de l’oubli.
Les yeux clos ne font que voir. 

Ironie du sort.. je suis condamnée à regarder mon passé, les yeux ouverts ou non. Alors je le regarde avec son croc incisif en moins ; la dent qu’il avait contre moi est tombée dans l’assiette. A ce rythme, il prendra bientôt perpétuité dans la purée. Je n’en ferai pas un fromage, même si je ne peux m’empêcher de sourire.
Je ne veux plus me baigner dans sa mauvaise soupe.

Posté par Anna Dyomene à 23:45 - U - Union... un trait tiré - Permalien [#]

08 août 2008

Hors heur

 

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Je ne m’attendais pas à ses yeux de mort, au seuil d’un acte irréparable. Il était devenu de bois semant ses échardes dans ma chair.
Les instants se sont enchainés, rongés par la haine que nous partagions, des rouages d’une mécanique bien huilée ; les émotions quand elles sont destruction.
Il y avait du sang, des cris et des larmes dans nos gestes, des silences assassins et des mots plus tueurs que les silences.
Ce que j’ai souhaité ; qui peut vraiment le savoir, si ce n’est moi et je ne suis pas même sûre de l’avoir voulu mais j’aurais aimé le voir disparaitre pour ne plus me sentir souillée par sa haine.
Le reflet de l’être que j’avais aimé avait totalement disparu dans l’ombre du mépris qu’il éveillait en moi. Deux larves impudentes baignant dans leur médiocrité, hors nature, contre nature, sans excuse.
Nous nous faisions horreur.

Nous l’étions devenus…

Horreurs

Posté par Anna Dyomene à 00:48 - U - Union... un trait tiré - Permalien [#]

27 juin 2008

rien de raisonnable en somme

Le crime et le péché… la trahison, la faute et la fuite… l’adultère, le viol et le coup de poing… le pourquoi et les raisons… les raisons et les conséquences… les conséquences et leur déraison...

raison

Nous avons couru à notre perte sans raison apparente. Chacun de nous avait ses raisons bien dissimulées au cœur de son être, dans ces abîmes torturées de la conscience et nous avions tous deux raison dans notre délire. Aucun acte ne peut avoir d’explication complètement raisonnable. Ce qui me dépasse encore ne peut être englobé dans la simple compréhension des raisons… déraisons de l’un ou de l’autre.

J’avais raison et pourtant j’avais tant de torts.

Comprendre ?

Comprendre l’essence du mal qui nous rongeait ? A quoi bon ? Deux boites craniennes rongées jusqu’à l’os par les incohérences de l’autre, s’affrontant sans pouvoir entendre la moindre raison de l’autre, jusqu’à se détruire… irrémédiablement.

Les yeux embués de larmes, j’ai le souvenir d’avoir eu mal, terriblement mal, j’ai le souvenir des ses yeux qui avaient perdu toute trace de raison… la démence de son regard, j’ai le souvenir de ses pleurs aussi et de tant d’incompréhensions.

L’acte, le geste, le fait, le factuel ou je ne sais quoi, n’ont plus de sens ou de raison si même ils en ont eu un ou une à l’époque…

Ma réalité se concentre autour de cri en plein ventre, devant la faillite de l’expression raisonnée et rationnelle qui était la nôtre.

J’appréhende encore ouvrir mon ventre et laisser jaillir ce que j’ai enfoui pendant cette période sombre… ce magma épais d’amour, de haine, de rage, de colère et de médiocrités toutes confondues. Tant d’émotions comprimées dans un ventre qui se sentait se vider dans cette relation… pour nourrir la folie…

Pour nourrir ses raisons…

Posté par Anna Dyomene à 22:50 - U - Union... un trait tiré - Permalien [#]

24 août 2007

Souviens toi du vase.

souviens_toi

Quand tu l'as fendu, et qu'en mon ventre s'est répandu le liquide sombre et amer du calice de douleur. Sur mon sein, froid comme ta vengeance à peine digérée, le souvenir de notre défaillance. Je le garde là, ce morceau de faïence, cet éclat du vase que nous n'avons pas recollé.
Et oui, je me souviens du vase... et de mon coeur que tu as cassé quand cette goutte t'a fait déborder.

vase

Posté par Anna Dyomene à 14:06 - U - Union... un trait tiré - Permalien [#]

06 juillet 2007

si noir - 6 soir - scission

naissance

Poignard planté en plein coeur, deux autres coups dans le ventre. Cri viscéral dans une contraction utérine, la pointe de la lame tranchant le cerveau à vif. A terre mon corps exsangue.

Ils sont dans ma peau et il les arrache à mon corps sans prévenir. Il nous dépouille de notre amour, nous déchire et nous brise... « par amour » dit-il.


Posté par Anna Dyomene à 21:10 - U - Union... un trait tiré - Permalien [#]

29 juin 2007

Scènes de ménage

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Elles s'accélèrent, nos éclats tombés à terre, la surface n'a jamais été aussi crasseuse. A l'intérieur tout est cradingue, des souvenirs aspirés ne reste que la saleté. La poussière a emporté la partie. Je refais le lit défait, l'oreiller tâché... les draps immaculés. Le linge est usé. Le laver? Et en famille nous pourrions coudre les lambeaux. Le feu du foyer est mort, les cendres froides. Qu'ai-je fait du balai?


Posté par Anna Dyomene à 22:16 - U - Union... un trait tiré - Permalien [#]

04 avril 2007

Rideau


monologue

J'encaisse mais je ne rends plus la monnaie de la pièce..
Ta pièce... celle que tu me joues... de longs monologues que tu prépares dans de noirs silences  pour mieux les déclamer sous le feu de nos projecteurs .
Au centre de mes impôts, tu jettes l'opprobre et réclames les intérêts capitalisés sur l'année qui vient de s'écouler... Une année de scènes et de répétitions... toujours les mêmes tirades virulentes...  « payer les frais et réparer les pots cassés».

Mise en scène irréprochable mais il n'y a plus d'intrigue... les tirades se suivent...et les silences pèsent aussi lourds que les mots. Tu spécules sur mes réactions et je pourrais te donner le change. Tu réclames l'aumône de sentiments ... droits exclusifs sur la propriété... indemnisations et réparations impossibles.  Je ne sais si tu joues le dernier acte mais parfois le dénouement me paraît joué d'avance.
Ma caisse est vide. Je n'ai pas de spectacle à t'offrir. Je reste bonne spectatrice et j'arrive encore à pleurer quand tu joues sur les cordes sensibles. Mais je n'ai pas envie de défendre les intérêts de ce couple sans crédit.

rideau

Pas ce soir – pas demain

Rideau

Posté par Anna Dyomene à 20:54 - U - Union... un trait tiré - Permalien [#]
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