12 avril 2009
Les amants de 7 ans
Et
le Mari, fermant le livre du devoir, s’en allait satisfait et fier, sans voir,
dans les yeux bleus et sous le front plein d’éminences, l’âme de sa femme en
enfer, livrée aux répugnances... Tout le jour, il transpirait sous les
principes de l’ascendance mais sous ses tics noirs, ses traits prouvaient en
lui d’âpres hypocrisies. Dans l’ombre des couloirs, il flairait l’ennemi et
dans le noir, tuait l’espoir dans les grincements du lit.
Ailleurs,
une porte s’ouvrait sur le soir, à la lampe on les voyait, là haut, qui
râlaient sur la rampe, les amants de cet an sous les tentures de l’alcôve s’illunaient
à l’aventure en s’aimant.
Ses
enfants seuls lui étaient familiers. Il leur faisait porter ses propres
humiliations et les maniait avec la bonté sournoise de l’idiot. Il avait le
regard qui ment et feignait la douceur de l’agneau.
Pour
son Mari, elle s’était surprise en pitiés immondes et pour ses enfants, s’effrayait
sans cesse en tendresses profondes
L’amant
emportait dans la chambre les saveurs de sa peau. Dans la maison, nue, aux
persiennes closes, à terre les oripeaux, il était sous elle et lui mordait les
fesses en riant. Les amants s’étendent,
se tendent, se fendent, se séparent et s’attirent six ans.
Vaincu,
stupide, le mari entêté s’enferme dans la fraicheur des latrines. Il pense
là, spécule, médite son roman et nourrit sa haine dans l’odeur putride qu’il
offre à ses narines.
Il
ne reste que froids dédains, l’aliment du mariage, le cœur du divorce aujourd’hui.
Il transforme son infamie en gloire, crie à la paix, et poignarde par derrière
Les
amants de 7 ans préparent les bougies, soufflent et attisent la passion. Ils rêvent
de prairie amoureuse, de houles lumineuses, brises parfumées, pubescences d’or,
font leur remuement calme et prennent leur essor.
Les
enfants sourient et tendent les fleurs aux amants. Dans des braises de satin
blanc, ils soulèvent le voile pour les amants de 7 ans.
19 octobre 2008
Le cheveux sur la soupe
La jeunesse s’est perdue dans
la voie sans issue d’un lotissement sans âme alors que le cri d’une insouciance
perçait le silence dans la chambre d’un hôtel inconnu à deux pas de la gare de
Lyon. Les réflexions s’entrecroisent et
s’enroulent autour des jambes qui se dénouent et courent vers le bonheur. Les détails
reviennent nets et précis paraissant plus vivants qu’à l’heure où je les ai
surpris sans les contempler.
Comment ai-je fait pour ne pas
voir les touffes de poils qui nageaient dans mon potage. Les paupières se
baissent comme pour ne pas voir ce qui ne m’aveugle plus. Fermer les yeux et
faire taire les images qui remontent à la surface. Les rouvrir.. vides..
vite surtout. Je grimace. C’est impossible ; la lumière sur ce passé si
proche traverse encore les parois de l’oubli.
Les yeux clos ne font que voir.
Ironie du sort.. je suis
condamnée à regarder mon passé, les yeux ouverts ou non. Alors je le regarde
avec son croc incisif en moins ; la dent qu’il avait contre moi est tombée
dans l’assiette. A ce rythme, il prendra bientôt perpétuité dans la purée. Je n’en
ferai pas un fromage, même si je ne peux m’empêcher de sourire.
Je ne veux plus me baigner
dans sa mauvaise soupe.
08 août 2008
Hors heur
Je ne m’attendais pas à ses
yeux de mort, au seuil d’un acte irréparable. Il était devenu de bois semant
ses échardes dans ma chair.
Les instants se sont
enchainés, rongés par la haine que nous partagions, des rouages d’une mécanique
bien huilée ; les émotions quand elles sont destruction.
Il y avait du sang, des cris
et des larmes dans nos gestes, des silences assassins et des mots plus tueurs
que les silences.
Ce que j’ai souhaité ;
qui peut vraiment le savoir, si ce n’est moi et je ne suis pas même sûre de l’avoir
voulu mais j’aurais aimé le voir disparaitre pour ne plus me sentir souillée par sa
haine.
Le reflet de l’être que j’avais
aimé avait totalement disparu dans l’ombre du mépris qu’il éveillait en moi. Deux
larves impudentes baignant dans leur médiocrité, hors nature, contre nature,
sans excuse.
Nous nous faisions horreur.
Nous l’étions devenus…
Horreurs
27 juin 2008
rien de raisonnable en somme
Le crime et le péché… la
trahison, la faute et la fuite… l’adultère, le viol et le coup de poing… le
pourquoi et les raisons… les raisons et les conséquences… les conséquences et
leur déraison...
Nous avons couru à notre
perte sans raison apparente. Chacun de nous avait ses raisons bien dissimulées
au cœur de son être, dans ces abîmes torturées de la conscience et nous avions
tous deux raison dans notre délire. Aucun acte ne peut avoir d’explication complètement
raisonnable. Ce qui me dépasse encore ne peut être englobé dans la simple
compréhension des raisons… déraisons de l’un ou de l’autre.
J’avais raison et pourtant
j’avais tant de torts.
Comprendre ?
Comprendre l’essence du mal
qui nous rongeait ? A quoi bon ? Deux boites craniennes rongées jusqu’à
l’os par les incohérences de l’autre, s’affrontant sans pouvoir entendre la
moindre raison de l’autre, jusqu’à se détruire… irrémédiablement.
Les yeux embués de larmes,
j’ai le souvenir d’avoir eu mal, terriblement mal, j’ai le souvenir des ses
yeux qui avaient perdu toute trace de raison… la démence de son regard, j’ai le
souvenir de ses pleurs aussi et de tant d’incompréhensions.
L’acte, le geste, le fait,
le factuel ou je ne sais quoi, n’ont plus de sens ou de raison si même ils en
ont eu un ou une à l’époque…
Ma réalité se concentre
autour de cri en plein ventre, devant la faillite de l’expression raisonnée et rationnelle
qui était la nôtre.
J’appréhende encore ouvrir
mon ventre et laisser jaillir ce que j’ai enfoui pendant cette période sombre…
ce magma épais d’amour, de haine, de rage, de colère et de médiocrités toutes
confondues. Tant d’émotions comprimées dans un ventre qui se sentait se vider
dans cette relation… pour nourrir la folie…
Pour nourrir ses raisons…
24 août 2007
Souviens toi du vase.
Quand
tu l'as fendu, et qu'en mon ventre s'est répandu le liquide
sombre et amer du calice de douleur. Sur
mon sein, froid comme ta vengeance à peine digérée,
le souvenir de notre défaillance. Je le garde là, ce
morceau de faïence, cet éclat du vase que nous n'avons
pas recollé.
Et
oui, je me souviens du vase... et de mon coeur que tu as cassé
quand cette goutte t'a fait déborder.
06 juillet 2007
si noir - 6 soir - scission
Poignard
planté en plein coeur, deux autres coups dans le ventre. Cri
viscéral dans une contraction utérine, la pointe de la
lame tranchant le cerveau à vif. A terre mon corps exsangue.
Ils sont dans ma peau et il les arrache à mon corps sans prévenir. Il nous dépouille de notre amour, nous déchire et nous brise... « par amour » dit-il.
29 juin 2007
Scènes de ménage
Elles s'accélèrent, nos éclats tombés à terre, la surface n'a jamais été aussi crasseuse. A l'intérieur tout est cradingue, des souvenirs aspirés ne reste que la saleté. La poussière a emporté la partie. Je refais le lit défait, l'oreiller tâché... les draps immaculés. Le linge est usé. Le laver? Et en famille nous pourrions coudre les lambeaux. Le feu du foyer est mort, les cendres froides. Qu'ai-je fait du balai?
04 avril 2007
Rideau
J'encaisse
mais je ne rends plus la monnaie de la pièce..
Ta
pièce... celle que tu me joues... de longs monologues que tu
prépares dans de noirs silences pour mieux les déclamer
sous le feu de nos projecteurs .
Au
centre de mes impôts, tu jettes l'opprobre et réclames
les intérêts capitalisés sur l'année qui
vient de s'écouler... Une année de scènes et de
répétitions... toujours les mêmes tirades
virulentes... « payer les frais et réparer
les pots cassés».
Mise en
scène irréprochable mais il n'y a plus d'intrigue...
les tirades se suivent...et les silences pèsent aussi lourds
que les mots. Tu spécules sur mes réactions et je
pourrais te donner le change. Tu réclames l'aumône de
sentiments ... droits exclusifs sur la propriété...
indemnisations et réparations impossibles. Je ne sais si tu
joues le dernier acte mais parfois le dénouement me paraît
joué d'avance.
Ma
caisse est vide. Je n'ai pas de spectacle à t'offrir. Je reste
bonne spectatrice et j'arrive encore à pleurer quand tu joues
sur les cordes sensibles. Mais je n'ai pas envie de défendre
les intérêts de ce couple sans crédit.
Pas ce soir – pas demain
Rideau










