29 juin 2008
Pour quelle raison étrange...
- Etranger, je ne vous connais pas et pourtant je crois vous connaître depuis toujours.
- Vous portez en vous ce qui git en moi.
- Vous parlez ou c’est moi ? Les mots de votre bouche embrassent la mienne.
- Nous sommes si loin et pourtant si proches. Ma main demande la vôtre.
- J’aimerais la couper pour vousl’offrir.
- Que serait votre main sans vos yeux. Je veux me baigner dans le miroir de votre âme.
- Donnons nous la main, au moins une fois. Je veux m’enivrer de cette caresse. Je veux que cette sensation survive au fond de moi et vive dans mes yeux.
- Le soleil dans vos yeux m’aveugle. Vous souriez, comme c’est étrange.
- Je ne suis être ange. Je suis ce que vous êtes. Ce qui gisait au fond de vous s’élève dans mon ciel. C’est vous qui me faites briller.
- J’ai toujours fui ce que je suis et pourtant je suis ce que vous êtes.
- Suivez moi alors.
- Je vous suis mais qui êtes-vous ?
- Amour ?
21 juin 2007
Il s'appelait?
Sur une piste de misère... à découvert...
Il s'appelait... il s'appelait? Il s'appelait?
Non, je ne me souviens plus.
Ce dont je me souviens ....
L'insouciance dans leurs gestes émus....
heureux, les yeux au fond des yeux....
Et c'était bien... c'était bien....
Dans le même verre,
toujours sans se quitter des yeux...
la même prière....
toujours heureux
Ils souriaient
Rien autour d'eux.
Il s'appelait... il s'appelait...
Quelle importance... le nom du bal perdu
02 juin 2007
Rencontre
Tu
cours un peu derrière les aiguilles de ta montre qui ne
tournent pas en rond pour trouver une place sur ce fichu parking mais
qui filent à toute allure et t'annoncent l'arrivée de
celle que tu es censé attendre.
Une
place... pas deux.. en même temps, tu n'en demandais pas
plus...
Tu
sors précipitamment, fulmines contre le bitume, la politique
de la ville et le réchauffement planétaire.. et surtout
contre l'heure... c'est bien à cause d'elle si tu es en
retard...
Autre
blague... il te faut retrouver cette Isa... la dernière fois
que tu as vu son profil sur msn... elle ressemblait à une
navette spatiale... tu es physionomiste mais quand même... elle
est grande, petite? Tu n'as même pas demandé.
Machinalement,
dans ta tête... tu rembobines une année d'échanges.
Le télescopage accidentel, vos systèmes de navigation
différents, sa voix ondulant sur Baudelaire, la prise de
distance, Isabelle Adjani? Bah oui... mais toi, tu n'es pas Jacques,
une histoire de fraises, de framboises... tu rougis... pourvu qu'elle
ne mette pas ça sur le tapis... ça ferait tache... De
toute façon, tu ne vas pas sortir ta boite de capotes pleine,
ça la mettrait mal à l'aise.
Qui
est-elle?
Au
fond, tu n'en as pas la moindre idée.
Tu
la croises sans la reconnaître. Tu vois cette femme qui semble
attendre quelqu'un... non, trop guindée dans son petit
tailleur, trop raide.. non, non, tu ne veux pas que ce soit elle.
Ouf! Elle ne lui ressemble pas du tout. Tu fais demi-tour vers la
sortie sud. Et c'est là que tu l'aperçois.
Tu
la reconnais à son large sourire qui éclaire son
visage... douceur... ce qui ressort de prime abord.
Tu
l'embrasses, un peu gêné... quelques mots, tu t'excuses
pour le retard ...
Elle
veut poser ses affaires dans ton coffre. T'es pas chien... tu ne vas
pas la laisser les porter toute la journée. Galanterie oblige,
tu te sentirais obligé de les lui porter tôt ou tard..
autant qu'elle les laisse dans la voiture.
Elle
insiste pour passer par le nord... pourquoi? Caprice de femme?
T'aurais préféré éviter le passage
d'emblée dans le quartier des sex-shops et des hôtels
miteux ... mais elle insiste... ce que femme veut... tu repenses à
cette histoire de fruits rouges... heureusement, il n'y a pas
d'épiciers dans le coin. Tu meubles la conversation... petite
anecdote... sans grand intérêt. Tu évites de
raconter celle où tu avais dû retrouver des clients
saoudiens qui s'étaient « malencontreusement »
perdus dans ces endroits de débauche. S'abstenir de détails graveleux... surtout...
Déjà
tu vois les remparts du château médiéval. De quoi
faire retomber les ardeurs dans les douves... Ne pas brusquer...
Puis...
Puis...
Puis...
sur la carte, tu perds le nord, le sud...
A
table, tu lui rappelles que ton imagination n'est pas débordante
et que tu n'entends pas encore le chant des cigales. Tu acceptes
pourtant le contrat sans condition et sans légume.
Puis
tu te dis, que la prochaine fois, qu'importe où, comment,
pourquoi... tu aimerais bien qu'elle soit l'homme de la rencontre.
28 mai 2007
Leçon de danse
Tu veux que je t'apprenne
à danser... Là? Ici? Dans l'intimité de cet
endroit où chacun passe, pose un regard, s'arrête tourne
et avance... et glisse sur la piste des mots?
Pourquoi pas? Tu as
raison finalement... ici c'est le corps qui offre le rythme à l'âme
qui ondule.
Vois-tu... la danse,
c'est l'accord de deux corps qui s'attirent et se repoussent. L'un se
fait guide et l'autre s'abandonne aux mouvements du corps qui le
mène. Le corps qui se donne doit être réceptif à
la moindre ondulation, à la fois souple et tendu. Deux forces
contraires vibrant à l'unisson dans des mouvements de forces
opposées pour former un ensemble, une harmonie pleine de
volupté.
Il faut oublier ses
pieds. La danse est une musique du corps, et certainement pas des
temps qui se décomptent. Ce sont des longueurs, des langueurs,
des instants plus brefs où le mouvement se saccade. Le danseur
s'offre à la musique et la danseuse au danseur, leur communion
sensuelle donnant naissance à leur danse.
Je vois ta bouche,
l'arrondi de ta joue, l'angle de ton menton, ton oreille. Je cherche
ton regard percevant la direction vers laquelle tu emmènes mon
corps. Tu souris sans me regarder.
Ta main dans mon dos se
fait pressante, je m'y abandonne et avance ma cuisse contre la
tienne. Ta main presse la mienne et je devine le tourbillon dans
lequel tu emportes nos corps...
La moindre de tes
impulsions m'entraîne un peu plus vers toi. La danse, c'est la rencontre de deux corps... qui se trouvent... ou non...
« Danser sur mon corps », dis tu? Mais je n'entends pas encore la musique qui bat en toi.
28 mars 2007
Sur le divan de Mr Freud.
Ce n'est pas un rêve ni même
cauchemar... c'est un jeu... une fiction que je dois écrire...
je dois aimer une femme... des femmes... En fait, non, je n'ai cure
de les aimer, je dois seulement apprécier leurs caresses...
leurs corps... et c'est loin d'être une sinécure...
J'abandonne mon sexe de femme pour m'approprier celui d'un homme...
je dois regarder le corps des femmes comme des objets de désirs
et de caresses.
Ce n'est pas anodin... loin de là...
Je n'ai pas seulement un phallus
fièrement dressé dans le vent... j'ai des yeux d'homme,
des mains d'homme, un ventre et des cuisses d'homme...
et là, le moral retombe...
je me sens complètement vierge de pulsions d'hommes.
Je regarde la seule femme à portée de main... dans le miroir... la main courant sur la peau... les miennes... ma main... ma peau. Il faut que j''imagine que c'est ma main... mais pas ma peau... mes doigts qui pincent ce sein de femme... qui s'abandonnent un instant sur ce coeur... mes mains qui pressent ce ventre... mes doigts qui glissent plus bas...
C'est ma propre féminité
que je dois regarder sous un autre angle.
Je trouve cette expérience
très troublante...
Dites, Sigmund... c'est grave?









